Partagez
 

 No, I can't l Jamie & Siobhan

Aller en bas 
Siobhan O'Connell
Je m'appelle Henri
DATE D'INSCRIPTION : 12/11/2019 MESSAGES : 39 POINTS : 88 AVATAR + CRÉDITS : Abigail Spencer + Tumblr + Aerie LIEU D'HABITATION : Chez papa et maman EMPLOI/ÉTUDES : Chef de trauma
MessageSujet: No, I can't l Jamie & Siobhan   No, I can't l Jamie & Siobhan EmptyMer 13 Nov - 17:14


Jamie & Siobhan
No I can't
Ressuscité, miraculé, réapparition soudaine… Tant de mots étaient utilisé par les médias pour expliquer mon retour parmi les vivants. Ça faisait plus d’un an maintenant, qu’on m’avais officiellement déclaré morte et enterré. Les médias devraient vraiment sourcées leurs propos avant de balancer de tel connerie ! Moi qui avais gardé espoir qu’on finisse par me retrouver ! Tu parles ! Si je n’avais pas bougé mon cul pour sortir de ce merdier, j’y serais encore !  J’en voulais à la terre entière, mais surtout à moi-même pour avoir été aussi conne !


Six mois plus tard, j’étais là, dans mon ancienne chambre d’adolescente, fenêtre ouverte, une clope à la main, me demandant, quand est ce que ma famille arrêterait de me couver comme un nourrisson. Ils avaient été sous le choc, tu m’étonnes ! Je leurs avaient laissé du temps, maintenant ils devaient me laissé repartir, recommencer à voler de mes propres ailes ! Je n’avais plus besoin d’être protéger par un garde du corps qui, soi-disant passant, ce pisserait dessus à la moindre tentative d’agression sur ma personne. Je n’étais pas cette petite chose fragile pour laquelle on me faisait passer constamment. Je demandais juste de retrouver la vie qu’on m’avait volé en me prétendant morte.

J’avais rendez-vous dans l’après-midi pour une visite d’appartement, bien entendu je ne pouvais pas m’y rendre seule ! Jamie c’était gentiment proposé pour m’y emmener ! Drôle de coïncidence, pile le jour ou mon garde du corps avait pris sa journée ! Heureusement que j’aimais bien trop mon frère, pour dire quoi que ce soit, j’avais donc accepté, gardant tout de même cet air de reproche.

Descendant les marches d’un pas nonchalant, toujours ma cigarette à la main, je me dirigeais vers le salon, quand soudain, la voix de ma très chère mère resonna derrière moi.
« Sia ! Combien de fois faut-il que je te rappelle de ne pas fumer dans la maison ! Ce n’est pas comme s’il n’y avait pas assez d’espace à l’extérieur ! » Je levais les yeux au ciel avant d’ouvrir la fenêtre du salon pour évacuer la fumée.

« Si tu me laissais partir, vivre ma vie, t’aurais plus à subir ça. » avais-je dit tout en m’adossant à coté de l’ouverture sur l’extérieur. C’est alors que je vis Jamie qui était tranquillement assis sur le canapé et n’avait pas dit un mot depuis mon arrivé dans la pièce. «T’es déjà là ! Dit donc t’es ponctuel pour une fois ! Tu sais j’ai plus douze ans, j’aurais très bien pu te rejoindre à l’agence. Et oui j’ai le permis !! Tu devrais le rappeler à maman, elle ne semble pas tout à fait au courant. » Avais-je balancé, sans tact, tout en fixant la victime de mes accusations.

Aussi loin que je m’en souvienne, j’avais toujours été comme ça, dire ce que je pense sans filtre, avec une vulgarité pas toujours acceptée, surtout dans une famille tel que les O’Connell. J’étais vraiment pressé de retrouver mon indépendance. « Bon on y vas ? » lançais-je à Jamie avant de franchir le seuil de la porte et de marcher jusqu’à la voiture.

Une fois en route, le trajet passa relativement vite, en soit il n’y avait seulement 10 minutes qui nous séparais de mon possible futur logement. Arrivé à destination, je ne perdis pas une seule seconde avant de me rallumer une clope. Oui, j’étais accro, surement beaucoup plus qu’avant mon engagement à l’armée, mais que voulez-vous ! C’est la vie, c’est comme ça ! J’avais d’ailleurs lancé un regard à Jamie signifiant qu’il n’avait pas intérêt à me faire une réflexion là-dessus, ce qui sembla comprendre, ou pas.

Le gars de l’agence arriva quelques minutes plus tard, nous saluant avant de nous demander de le suivre. Il entra dans le bâtiment composé d’un grand hall élégant. Je suis de nature à anticiper les choses, mais il faut l’avouer que ce qui allait suivre je n’y avais, tout bonnement, pas pensé. C’est quand je le vis rentré dans l’ascenseur, suivie par Jamie que je me décomposai soudainement. Rien que l’idée de me retrouver coincer dans un si petit endroit, même quelques instants, me glaçait littéralement le sang. « Ou sont les escaliers ? Je préfère y aller à pied. » avais je prononcé, me retrouvant immobilisé sur place, refusant catégoriquement de rentré dans l’ascenseur sous le regard interrogateur de mon frère.

@JAMIE E. O'CONNELL
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://helloscotland.forumactif.com/t2405-siobhan-o-connel-l-abi
Jamie E. O'Connell
I'm a little anxious
Je m'appelle Henri
DATE D'INSCRIPTION : 23/01/2019 MESSAGES : 260 POINTS : 1538 AVATAR + CRÉDITS : Chris Pratt by Cinderella LIEU D'HABITATION : Un appartement dans la New Town au dessus de son cabinet EMPLOI/ÉTUDES : Vétérinaire de l'ombre
MessageSujet: Re: No, I can't l Jamie & Siobhan   No, I can't l Jamie & Siobhan EmptyJeu 14 Nov - 14:03

No, I can't
@Siobhan O'Connell ✧ Jamie O'Connell
J'avais toujours été un grand frère un peu trop protecteur vis-à-vis de mes sœurs. Il faut dire que nos parents avaient beau nous aimer ils n'étaient pas souvent présent et il fallait donc bien que quelqu'un veille sur elles. Elles et mon petit frère bien sûr, ce dernier étant celui qui avait eu le plus de mal avec ma présence sans doute. Les filles, ce n'était pas pareil. J'étais le grand frère un peu fou qui fait rire même si on finit par avoir un peu peur qu'il colle un pain à notre nouveau petit copain... Elles savaient qu'elles pouvaient tout me dire, que j'avais déjà fait les pires bêtises avant elles. L'avantage d'être le premier né et aussi d'être un garçon j'imagine. Quoi qu'il en soit, la relation que j'entretenais avec elle m'avait bien plus souvent comblé de joie que le contraire. Même si j'avais souvent prétendu qu'elles étaient trop collantes ou trop pénibles, elles restaient mes sœurettes adorées et je me serais plié en quatre pour elles toutes. Je leur souhaitais un bel avenir, une vie aussi merveilleuse qu'elle, tout le bonheur du monde.

Alors autant dire que quand Sia avait décidé de suivre mes pas dans l'armée j'avais vite déchanté. Je lui souhaitais tout le bonheur du monde et je savais qu'elle était celle qui me ressemblait le plus, qu'elle était capable de se défendre mais... Mais je ne savais que trop bien la vérité sur l'armée et que le traitement qu'on y réservait encore aux femmes... Qui voudrait de ça pour sa sœur ? Quand j'entendais mes camarades baver sur nos collègues du sexe opposé, quand je voyais ce qu'ils pensaient pouvoir se permettre... La simple idée que ma sœur puisse vivre ça me retournait l'estomac et m'avait d'ailleurs rendu bien plus intransigeant envers ceux qui agissaient ainsi. Sans compter que nous n'étions pas dans le même corps d'armée, je ne pouvais pas la défendre, je ne pouvais pas savoir ce qui se passait pour elle. Malgré mes tentatives pour la dissuader, ma mule de sœur n'en avait fait qu'à sa tête, agissant peut-être même plus virilement pour me prouver à quel point j'avais tort de la sous-estimer. Léger esprit compétitif, elle avait de qui tenir... Au fond, j'étais fier d'elle, fier de savoir qu'elle était une battante, qu'elle était où elle voulait être et qu'elle se destinait à une brillante carrière qui allait battre un peu plus les clichés.

Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin.

À mon retour d'Afghanistan, presque mué et secoué de crises trop violentes, je n'avais rien dit. J'avais à nouveau tenté de la convaincre de quitter les rangs mais je restais tout de même muré dans mon silence, n'osant lui décrire l'horreur qui me hantait et les risques encourus. Elle n'était pas idiote, elle le savait très bien. Elle savait pourquoi on signait en entrant dans l'armée, les risques, les traumatismes... Mon état ne lui a pas fait peur, elle est repartie. Une fois de plus, je me suis senti fier au fond. Contrairement aux autres membres de la famille, elle n'a pas hésité à me tourner le dos dans un gage énorme de confiance finalement. J'étais Jamie après tout. Je ne pouvais pas rester comme ça, j'allais m'en sortir. Elle était la seule à m'avoir réellement secoué les puces, n'hésitant jamais à me parler crûment, à me dire ce qu'elle pensait, à me dire que je ne m'en sortirais pas si je ne me bougeais pas. C'est elle qui avait convaincu Ellie de m'aider, qui m'avait inscrit à distance dans la formation de vétérinaire pour me forcer à me sortir les doigts des fesses. Les rôles s'étaient inversés, elle veillait sur moi de loin, m'aider à supporter cette épreuve sans m'accabler de trop pour autant. Ça n'a sûrement pas été aussi efficace qu'elle ne l'avait escompté mais j'allais mieux. De mieux en mieux même.

Et si elle avait été la seule à croire en mon rétablissement et à ma force, j'avais été le seul à ne jamais croire en sa mort. J'avais remué ciel et terre pour tenté de la retrouver, reprenant contact avec d'anciens camarades, prêt à mobiliser Interpol au besoin. Finalement, sa disparition m'avait forcé à sortir un peu plus de ma léthargie, me poussant peut-être dans les bras d'Élisabeth qui m'avait donné le dernier coup de fouet nécessaire. Je ne pouvais plus me morfondre, il fallait que je la retrouve, que je soit le grand frère que je n'avais plus pu être pendant toutes ces années. Car je culpabilisais atrocement, intimement convaincu que tout cela ne serait pas arrivé si j'étais revenu dans l'armée au lieu de perdre pied. J'étais sûr qu'elle n'aurait pas disparut ou que j'aurais pu aller la chercher par la peau des fesses au lieu d'attendre pendant des heures devant un téléphone terriblement muet... Jamais je ne m'étais rendu sur la tombe factice érigée par mes parents. Je n'étais allé à aucune cérémonie en son honneur. Ce n'était pas envisageable, elle ne serait morte que quand j'aurais pu identifier son corps un point c'est tout.

Son retour il y a six mois m'avait tout bonnement redonné vie. C'est ce qui m'avait encouragé à accepté l'idée folle de ma petite sœur pour me mettre sur un site de rencontre, qui m'avait donné envie de me sortir définitivement de l'ombre. Je devais vivre pour ma famille, je l'avais toujours su et j'avais toujours tenté de le faire... Mais maintenant je devais vivre pour Sia, être là pour l'aider car je ne savais que trop bien ce qu'elle pouvait ressentir. Il fallait impérativement que je redevienne l'ancien Jamie pour la tirer de là, pour enfin remplir mon rôle. Ce n'était pas facile car les années n'avaient qu'amoindrit mes symptômes mais j'étais en bonne voie. Un traumatisme pouvait donc en effacer un autre, si j'avais su, je me serais jeté sous une voiture plus tôt. Car c'est exactement ce que j'avais ressenti quand on m'avait apprit sa disparition. J'avais eu l'impression de passer sous un train... Mais le temps avait recollé mes membres et il était grand temps que je les agite ! Maelya était une aide précieuse même si je redoutais encore de rencontrer sa fille qui risquait de faire remonter des images que je tentais vainement d'oublier... Car, même si les crises étaient moins fréquentes, les cauchemars et les insomnies me collaient toujours aux basques... J'espérais que ce ne soit pas son cas mais je ne savais pas comment aborder la chose avec elle. J'étais passé par là, je savais à quel point en parler n'arranger pas les choses... Mais je devais être là pour elle, lui prouver que je savais. Que j'étais mieux placé que quiconque. Que j'étais désolé.

Les retrouvailles avaient été un peu étranges. J'aurais voulu la prendre dans mes bras et lui dire combien j'étais désolé mais je n'avais pas osé. Je me rappelais trop bien de mon retour, de cette dépression qui prend les tripes et rend tout insupportable. Sans compter que j'ignorais ce qu'elle avait réellement vécu et je ne voulais pas risquer de lui faire physiquement mal. Une embrassade discrète, un sourire maladroit, un regard un peu fuyant et des mots qui ne viennent pas. J'avais regretté cette attitude pendant longtemps. Mais qu'aurais-je pu faire de mieux ? Elle avait changé elle aussi et je me reconnaissais en elle. Plus sombre, plus piquante encore qu'à l'époque. Plus le nombre industriel de cigarettes... Elle semblait au fond de ce trou noir duquel je sortais à peine et je ne savais pas encore comme fabriquer la corde pour l'en sortir. Malgré tous les psy que j'avais rencontré depuis mon retour, je n'en étais pas un. Je n'avais pas encore compris le cerveau humain, peinant encore à comprendre le mien. Je me retrouvais désemparé, inutile et idiot... Alors bien sûr que j'avais sauté sur l'occasion de l'accompagner pour la visite. Un moyen comme un autre de me rattraper.

    « Serais-tu entrain d'insinuer que je ne suis pas ponctuel ? » Stricte vérité même si je m'étais un peu arrangé avec l'âge. Jadis j'en étais au point où mes amis me donnaient rendez-vous au moins une heure avant l'heure pour être tranquilles... « Ah où est la belle époque où tu aimais que je t'accompagne partout ? Bon, j'avoue que ma voiture claquait quand même vachement plus à l'époque... Et moi aussi d'ailleurs. »

Souriais-je, déposant un baiser sur son front maintenant que je l'avais rejoins. Faire comme si de rien n'était, comme elle l'avait fait. Tenter de prétendre que rien ne s'était passé, faire revivre la vieille étincelle. Il fallait bien commencer quelque part, jeté une bouée à la mer au cas où... Je n'étais pas certain que ça aide mais elle n'avait pas réellement agit différemment pour moi et ça avait un peu remué les choses. Puis je savais qu'elle ne voulait pas de pitié, qu'elle ne devais plus supporter leur inquiétude, j'étais passé par là moi aussi. Nos parents voulaient notre bien mais elle était le deuxième enfant qu'ils avaient faillit perdre, ça faisait beaucoup... Un rictus m'échappa face à son impatience. Parfois on pouvait se dire qu'elle n'avait pas tant changé que ça. Toujours aussi peu de tact et autant d'exigences. Un vrai petit diable de femme dont j'avais toujours été atrocement fier. C'était une version féminine de moi en fait... Bon, j'aurais préféré qu'elle soit un peu moins vulgaire, juste pour qu'elle ne s'attire pas trop d'ennuis... Même si c'est aussi ça qui devait la tirer d'affaire. On ne marche pas sur les pieds de Sia sans se faire mordre et c'était une qualité que j'admirais chez elle.

    « Bien, bien votre altesse ! » Fis-je mine de ronchonner en lui ouvrant la porte. « Votre carrosse est avancé. »

Je ne conduisais plus vraiment depuis mon retour. D'abord par peur d'être pris d'une prise d'angoisse puis par pure manque d'habitude. Moi qui avait un permis pour tout ce qui roule, vole ou flotte... Mais le départ d'Ellie pour l'Afrique m'avait obligé à reprendre un peu, ne serait-ce que pour les urgences qu'elle ne pouvait plus gérer. Je me contentais de petits trajets quand même, prudence avant tout. Et le trajet d'aujourd'hui était bref en effet. Silencieux aussi. À peine eus-je le temps de couper le contact qu'elle était dehors entrain d'allumer une énième cigarette. Elle allait bientôt en devenir une elle même si elle continuait comme ça. Mais qui étais-je pour juger ? J'avais fait pareil en y ajoutant l'alcool. Je serais l'hôpital qui se fou de la charité... Un sourire en coin installé sur les lèvres, je fis le tour de la voiture pour la rejoindre, attrapant sa cigarette d'entre ses doigts avec un regard plein de malice.

    « On ne t'a jamais dit que fumer pue ? »

La narguais-je, tirant une bouffée de la dite cigarette avant de lui rendre avec un clin d'oeil. Je commençais à réduire, n'achetant plus de paquet ou presque. L'alcool aussi avait été revu à la baisse. Il était temps. Cette petite scène terminée, l'agent immobilier finit par nous rejoindre lui aussi et nous invita à le suivre. Dans le bref trajet qui nous séparé de l'ascenseur, il nous expliqua un peu les avantages du quartier. Il semblait sérieux, souriant et avenant. Le genre de gars à qui on fait volontiers confiance en fait. L'écoutant avec attention, je le suivis dans l'ascenseur, rapidement troublé par la petite voix de ma sœur derrière nous. Je connaissais trop bien ce regard et il me retourna immédiatement l'estomac : une terreur franche, la lueur du mauvais souvenir. Je tapais sur l'épaule de l'agent avec un sourire rassurant.  

    « Troisième hein ? Montez on vous rejoint. »

Lançais-je avant de descendre de la petite boite juste avant que les portes ne se referment. Il ne me fallut qu'une grande enjambée pour être à la hauteur de la jeune femme qui semblait toujours tétanisée. Les souvenirs de mes propre crises revinrent en puissance. Les images qui défilent devant nos yeux, les muscles qui se tendent, les larmes qui montent... Je posais tendrement mes mains sur ses épaules comme pour mieux la regarder dans les yeux. Un geste d'une demi-seconde que je transformais bien vite pour une étreinte plus franche. C'était la première fois depuis son retour que je la prenais vraiment dans mes bras. Tendrement, je vins blottir mon nez dans ses cheveux, les yeux clos pour cacher mon émotion. Tout était de ma faute. Je l'avais malgré moi entrainée dans mon enfer et c'était monstrueux... J'aurais dû être un meilleur grand frère, faire mieux... Une main dans son dos, l'autre derrière sa tête, je restais un moment immobile et silencieux avant de finalement rompre le silence.

    « Tu n'as pas à en parler Baba, je sais... Je suis là maintenant et je suis désolé, j'aurais dû être là pour toi. »

Murmurais-je enfin, incertain d'avoir choisi les bons mots. Mais elle savait que je n'avais jamais été doué avec les mots quand il fallait exprimer de vrais sentiments. J'étais doué pour la drague et pour les blagues mais parfaitement handicapé des sentiments. C'est aussi ça qui me terrorisait dans mon histoire avec Maelya d'ailleurs... Tant de choses à changer en moi, tant de progrès à faire. Mais ma sœur d'abord, je lui devais bien ça.... Aussi nul puis-je être.
© nightgaunt

_________________
 
••• There is never a time or place for true love. •••
It happens accidentally, in a heartbeat, in a single flashing, throbbing moment



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://helloscotland.forumactif.com/t435-jamie-eochaidh-o-connel
Siobhan O'Connell
Je m'appelle Henri
DATE D'INSCRIPTION : 12/11/2019 MESSAGES : 39 POINTS : 88 AVATAR + CRÉDITS : Abigail Spencer + Tumblr + Aerie LIEU D'HABITATION : Chez papa et maman EMPLOI/ÉTUDES : Chef de trauma
MessageSujet: Re: No, I can't l Jamie & Siobhan   No, I can't l Jamie & Siobhan EmptySam 16 Nov - 16:57


Jamie & Siobhan
No I can't
Le silence. Chaque ancien soldat passait par là. Décrire ce que l’on avait vécu, revenait à avouer qu’il s’agissait bel et bien de la réalité. Or, comment pourrait-on accepter cela ? Je veux dire, comment envisager un avenir, dans un monde tel que celui-ci, après avoir été témoin de tant d’horreur ? On connaît tous les risques, pourtant on refuse d’y croire… Ce genre de scénario n’arrive que dans les films, pas vrais ? Si seulement… Les images défilant devant nos yeux semblent si irréelles que notre cerveau refuse catégoriquement de l’accepter, pourtant notre corps entier ne cesse de nous le rappeler jour après jour.  


Il m’avait fallu plusieurs traumatismes psychologiques et un soi-disant « décès » pour enfin comprendre la raison qui avait poussé Jamie à tenter de me dissuader de rentrer dans l’armée. Moi qui me pensais forte, qui était persuadé que je m’en sortirais indemne grâce à ma volonté et mon tempérament de feu. Je m’étais littéralement gourée sur toute la ligne. Je n’étais pas aussi forte que je le pensais, c’était même tout le contraire. Nous n’étions que poussières dans l’univers, destiné à disparaitre à un moment ou à un autre. On ne se rend compte de la chance que l’on a, qu’au moment où celle-ci nous est enlevé.

Assise dans le noir, couper de tout repère, je n’avais eu que mes souvenirs pour me garder en vie, pour me donner la force de me battre. Je ne pouvais pas abandonnée ma famille, pas avant de leurs avoir dit au revoir. J’étais loin de m’être imaginer qu’à ce moment-là, pour eux, j’étais déjà morte et enterrée. Enfin, sauf pour Jamie. C’était surement le seul qui avait toujours su voir plus loin que les faits établis. Il avait cru en moi, comme j’avais cru en lui. Nous étions si similaires et à la fois si complémentaires.

A mon retour, je m’en étais voulu de ne pas avoir pu le serrer dans mes bras. J’étais sa baba incassable, la petite sœur au cœur de pierre que rien ne pouvait briser, je ne voulais pas qu’il sache, qu’il ressente ma détresse. Pourtant à l’intérieur de moi, je savais qu’il était au courant. Il avait traversé lui aussi cette phase, c’était surement le mieux placé de la famille pour me comprendre. C’est d’ailleurs exactement ça qui me terrifiait. Personne au monde ne méritait de connaitre ce sentiment de vulnérabilité. C’était comique en y repensant, c’est moi-même qui l’avait sortie de cette phase, le poussant à se sortir « les doigts du cul », comme je le disais si bien. Moi qui pensais savoir ce qu’il traversait… Je réalisais aujourd’hui qu’il était bien plus fort que je ne le serais jamais.

Six mois s’écoulèrent d’une rapidité inimaginable, six mois pendant lequel, je repris ma vie comme si je ne l’avais jamais quitté, noyant mes pensées dans la fumée et mon légendaire humour pincé.
En réalité, je n’étais que l’ombre de moi-même, revoyant les scènes de torture dans absolument tous les recoins, supportant à peine le baiser de mon frère sur mon front, redevenant cette ado insolente et têtue.

« J’insinue rien du tout, je me contente de faire des constatations ! Et pour la voiture, c’est de la triche, rappelle-toi que je n’avais pas le permis à cette époque ! Tu n’étais que mon chauffeur pour assouvir mes besoins de sociabilisations, puis t’avais des potes assez agréables à regarder. » Avais-je fini par dire tout en faisant un clin d’œil provocateur. Des « potes » avec qui j’avais eu quelques aventures d’une nuit, chose qu’il n’eût pas vraiment appréciez à l’époque. Il y avait de quoi j’avais enfreint la règle de mon propre règlement sur les lois entre frère et sœur.

C’est un saut dans le temps que j’avais fait en revenant parmi les vivants. Je n’étais plus cette femme de trente ans qui partait en mission avec le sourire. Non, j’étais redevenue cette ado rebelle qui provoquait son frère et n’en faisait qu’à sa tête. Était-ce ma tentative pour oublier ? Pour effacer ces moments en « trop » de ma vie ? On avait tous notre moyen pour faire face et j’avais choisit cette méthode que se soit la bonne ou non, je n’en avais rien à faire.

Une fois dans sa voiture, le silence refit surface. La communication, chose bien plus difficile entre nous, depuis tout ça. La peur de voir craquer l’un d’entre nous ? Oui, sans aucun doute, car on avait beau ne pas en parler, on y pensait, tous deux, constamment, j’en était certaine. Il faut l’avouer que ne pas lui parler, lui cacher toute cette crainte à l’intérieure de moi, me bouffait un peu plus à chaque instant. C’est pour cela d’ailleurs que je n’avais pas résister à l’appelle de la cigarette. A peine étais-je arrivé, que la fumée s’engorgeait déjà jusqu’à mes poumons. Ce petit rituel m’apaisait énormément. Un petit rictus traversa mon visage à sa remarque et lorsque qu’il s’empara de ma clope pour venir me voler une taffe.

« Je croyais que la cigarette, c’était fini » avais-je dit imitant sa voix roque d’une manière exagéré. Je n’avais pas eu le temps de finir ma remarque que l’agent immobilier avait débarqué, commençant sa visite. Ces gars-là, me faisait rire, toujours propres sur eux, arborant cet air irréprochable, près à vous vendre n’importe quoi, même le pire taudis de l’univers. Pourtant mon air se liquéfia sur place lorsque je vis les portes de l’ascenseur souffrir. La petite sœur forte comme de la roche, venait de faire tomber son rideau, d’une manière la plus inattendue possible.

Immobilisé sur place, je n’étais pas dans la capacité de bougé. Je me revoyais dans cette pièce, pas plus grande que cet ascenseur. Mon cœur c’était serré, ma gorge nouée et mes muscles contractés. J’étais littéralement en train de me noyer dans un flot d’émotions inexpliqué. Le contact que voulu établir Jamie avec moi ne se passa pas réellement comme prévu. Je sursautai comme jamais je n’avais sursauté, sentant presque immédiatement les larmes monté, honteuse d’avoir eu cette réaction à cause de mon propre frère. Il ne me laissa par ailleurs, pas le temps de réagir, me prenant dans ses bras dans un élan qui m’étonna moi-même. Nous n’étions pas une famille très tactile, mais ces marques d’affections restaient tout de même importantes, or ce contact je l’avais évité depuis mon retour.

Ce moment aurait dû, être agréable, me réchauffer le cœur, me rassurer… Malheureusement ce ne fut pas le cas et je fis un effort incalculable pour ne pas le repousser… Qu’est ce qu’il n’allait pas chez moi ? Six mois ! Six putains de mois, c’était écoulé et pourtant c’était toujours aussi dure d’affronter la réalité, toujours aussi douloureux.

Je m’écartai doucement afin de reprendre une distance de sécurité, les yeux bien humides, il était trop compliqué pour moi de cacher mon trouble. J’étais sur le bord de craquer, à la limite, mais les mots qu’il prononça déclenchèrent l’avalanche. Je reconnaissais la culpabilité dans sa voix, il se sentais coupable de ma situation, coupable de m’avoir influencé inconsciemment vers cette voie-là. Il n’avait pas le droit de se sentir ainsi pour quelques choses que j’avais moi-même décidé ! Je connaissais les risques, je savais ce qu’il avait traversé, j’avais eu toutes les cartes déployer et j’avais quand même choisit de le faire. Rien n’aurait pu m’en empêcher, lui-même le savais. Il aurait pu me ligoter et me torturer que j’y serais quand même allé. Car oui, j’étais ainsi, je me battais corps et âme quand je trouvais que la cause était juste. J’avais peut-être perdu ma joie de vivre dans cette guerre mais j’avais sauvé de nombreuse vie, j’avais permis à de nombreuse famille de ne pas se brisé et de retrouver leur papa ou leur maman presque indemne. C’était dure, mais je ne le regrettais pas.

Il m’était impossible de le regarder dans les yeux. J’avais retardé l’échéance depuis bien trop longtemps. « Tu n’as pas à être désolé ! Putain Jamie ! Rien de tout ça, n’est de ta faute, merde ! Je t’aime, mais tu n’es pas le nombril de la terre, tu n’es pas la cause de toutes les catastrophes. » Moi qui disais ça, c’était l’hôpital qui se foutait de la charité. J’avais cette fichue manie de tout tourner à la dérision, même dans les pires moments. Comment faisait-il pour me supporter, sérieusement ?

« Je… je ne veux pas de ta pitié » Ma voix c’était tout bonnement cassé, d’un seul coup. « Je n’en ai pas besoin, comme je n’avais pas besoin d’aide pour venir ici ! J’ai l’impression d’étouffé partout où je vais, avoir maman et papa sur le dos h24, n’aide pas à aller mieux. » La colère, c’est comme ça que j’évacuait la haine qui me compressait. C’était aussi sans m’en rendre compte que je venais d’exprimer mes premier sentiments, premier ressentis du monde extérieur. Depuis mon retour, je m’étais refermé comme une huitre, prétendant que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Sauf que mes proches étaient loin d’être dupes. « Je voudrais vraiment… vraiment pouvoir te serrer dans mes bras comme tu le mérites, mais c’est plus fort que moi, j’y arrive pas. » Ma voix c’était définitivement brisé en mille morceau, fondant en larme, ressentant ce vide encore plus intense que d’ordinaire.

Là-bas, en Irak, ils ne m’avaient pas tué, ils avaient fait pire, ils c’étaient emparée de mon âme, la souillant à tout jamais. Je n’étais qu’une épave échouée au bord de la mer, possédant encore ma carapace mais complètement vide à l’intérieur, littéralement creuse. Enfin c’est comme cela que je me sentais alors que j’étais debout devant Jamie, priant pour qu’il garde ce moment de faiblesse pour lui. Il savait à quel point je ne supportais pas d’être ainsi et surtout dans un lieu public. Je lui faisais suffisamment confiance pour être convaincu que tout cela resterait entre nous. Au fond ce n’étais pas plus mal, qu’il me voit dans cet état, au moins il avait bien la preuve que j’étais véritablement une humaine doté de sentiments humain.

Impossible pour moi de rejoindre le mec de l’agence immobilière dans cet état. Mon maquillage était probablement en train de coulé à l’heure actuelle, puis comment dire que je n’avais absolument plus du tout la tête à ça. Mon regard osa enfin croiser celui de Jamie, ce qui me confirma en voyant sa tête qu’il était hors de question d’aller visiter l’appart. On ne serait de toute évidence pas concentré.

« Viens-on se barre. » avais-je dit tout naturellement. Pour aller où ? Ça je n’en avais pas la moindre idée, mais j’étais sur et certaine d’une chose, je ne voulais plus rester ici. Pour l’appartement ? Tant pis, ce n’est pas les offres de logements qui manquait à Edimbourg, je finirais surement par trouver mon bonheur un jour ou l’autre, je n’étais plus à un jour près. Les décisions hâtives, de dernières minutes tel que celle-ci ça me correspondait parfaitement. J’avais attrapé du bout de mes doigts la main de Jamie pour le tirer vers l’extérieur, voulant disparaitre le plus rapidement possible pour ne pas avoir à faire d’explication à l’agent immobilier. « Je n’aimais pas l’emplacement déjà, c’est pas une grande perte, j’en suis certaine, aller viens. Fais ça pour moi, s’il te plait » Avait-il le choix ? Pas vraiment ce n’est pas comme si je lui avais laissé. La petite sœur capricieuse faisait son grand retour, j’avais toujours réussi à obtenir ce que je voulais, surtout avec lui, suffisait d’un sourire et il se pliait en quatre pour subvenir à mes envies. A croire que même avec le temps ça n’avait pas changé.

Au fond, ce n’était encore qu’un moyen supplémentaire pour tenter de détourner son attention, trop troubler par la petite crise de panique que j’avais quasiment faite devant lui.




@JAMIE E. O'CONNELL[/b]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://helloscotland.forumactif.com/t2405-siobhan-o-connel-l-abi
Jamie E. O'Connell
I'm a little anxious
Je m'appelle Henri
DATE D'INSCRIPTION : 23/01/2019 MESSAGES : 260 POINTS : 1538 AVATAR + CRÉDITS : Chris Pratt by Cinderella LIEU D'HABITATION : Un appartement dans la New Town au dessus de son cabinet EMPLOI/ÉTUDES : Vétérinaire de l'ombre
MessageSujet: Re: No, I can't l Jamie & Siobhan   No, I can't l Jamie & Siobhan EmptyMer 20 Nov - 14:28

No, I can't
@"Siobhan O'Connell ✧ Jamie O'Connell
J'aimais à faire croire que j'avais été le vilain petit canard de la famille, le O'Connell un peu trop dragueur, un peu trop sûr de lui et pas assez sérieux... Seulement ce n'était pas la stricte vérité, loin de là même. La vérité est que j'avais été sérieux dans mes études en réussissant tout ce que j'avais entrepris d'un seul coup. Petit détail qu'on pourrait facilement omettre mais il y avait autre chose de bien moins dissimulable et qu'il m'était plus difficile d'admettre : ma sœur était mon portrait craché. Elle avait usé de mes méthodes sur mes amis pour les séduire en me reprochant de jouer à ce jeu avec ses amies, elle avait toujours su où elle voulait aller sans jamais se démonter face aux obstacles et elle n'avait jamais eu sa langue dans sa poche. Je crois que mes parents préféraient ne pas le voir, ils préféraient se dire que j'étais la mauvaise influence et j'étais fière de prendre le blâme. Fier comme un petit coq, fier de me faire remarquer.

    « Ouais ouais ouais... À d'autres ! Tu voulais juste exhiber ton frère devant tes copines et te la péter devant mes copains c'est tout. Assumes Baba, assumes ! »

La taquinais-je en riant doucement. Cette relation me manquait, ces bêtises me manquaient. Quand nous descendions ensemble en ville en nous envoyant des piques, quand nous nous amusions à séduire tout ce qui bougeait en cherchant à être celui qui aura le meilleur score, quand la vie était simple. Malheureusement mon entrée à l'armée avait déclenché une horrible chaîne d'événements... Sia avait suivit et nous nous étions éloignés. Elle s'était endurcie par nécessité et avait finit par se changer en pierre depuis son retour. J'étais la source de son mal, la mauvaise influence dont j'avais été si fier jadis... Cette virée tous les deux était autant une excuse qu'une tentative. Une excuse pour avoir tout foiré et une tentative pour que tout redevienne comme avant. Vain, bien sûr, j'en étais convaincu. Comme pourrait-il en être autrement quand elle vivait exactement le même traumatisme dont je me tirais à peine ? Je ne pouvais rien faire. Il était trop tard. Mes espoirs étaient tout ce que j'avais.

    « Bah, je dirais aux cancérologues que c'est de ta faute ! »

Souriais-je en faisant référence aux charmantes remarques que nous faisait toujours notre chère maman... Elle était médecin, elle voyait des malades tous les jours, elle savait. Nous en étions tout aussi conscient mais cette menace n'avait jamais fonctionné. Elle avait toujours tenté de nous faire peur pour nous dissuader de faire des bêtises et ça avait toujours eu l'effet inverse sur nous deux. Des rebelles, des casses pieds, nous n'étions rien de mieux. Et il était tellement drôle de la voir chercher à nous dresser des tableaux horribles pour tenter de nous convaincre de changer d'habitude ! Elle l'avait fait pour la moto, pour la cigarette, pour l'alcool, pour l'armée aussi d'ailleurs. J'y avais eu droit pour tous les permis jamais passé et même pour mes rendez-vous galants ! La pauvre, je ne sais toujours pas comment je ne l'ai pas rendu folle !

Quoi qu'il en soit l'ambiance plutôt légère qui s'était installée malgré le silence pesant du trajet s'envola bien vite au moment de monter dans l'ascenseur... Là, debout dans le couloir, je cru voir mon reflet en plein milieu d'une crise. Le regard vague, le corps tendu. Mon cœur s'était déchiré face à l'évidence qu'il avait tenté d'ignorer pendant six mois : elle était au fond de ce gouffre sans fin dont je m'extirpais à peine... Quoi qu'il lui soit arrivé pendant cette année avait été suffisamment traumatisant pour lui faire vivre exactement ce que je redoutais de ressentir à nouveau. Nous étions hanté par les mêmes démons, perdus dans le même enfer... La culpabilité et la peine m'accablèrent en harmonie et j'eu l'impression de sentir mes jambes se dérober sous mon poids. Le mauvais frère, la mauvaise influence, le monstre... J'avais envie de sortir un fouet pour me flageller, j'avais envie de prendre toute sa peine et de replonger seul dans les méandre de cet enfer personnel... Elle ne méritait pas ça, j'aurais dû l'en protéger et je devais maintenant l'en sortir.

Sa réaction ne me surpris pas le moins du monde, j'avais eu la même.

Docilement, je m'étais reculé pour la laisser respirer et pour qu'elle puisse laisser libre cours à sa colère. Une colère qui n'était qu'une façade derrière laquelle je m'étais aussi réfugié. Une colère qui n'était que le choix de la facilité. Là, les gens n'osaient pas venir nous chercher. Là, ils se piquaient à nos épines et fuyaient. Nous n'avions pas à dire plus, il nous fallait juste être assez blessant pour les repousser sans les dégoûter. Juste assez pour qu'ils comprennent. Mécanisme de défense ridicule et dérisoire mais facile. Bien plus facile que de faire face à la peine, à la dépression et au traumatisme. Tout comme elle j'avais cru que c'était ça être fort. Que c'était simplement de rester debout face à la tempête qui ravageait mon âme. J'avais cru que j'étais le seul à pouvoir me battre, que je n'avais pas besoin des autres. Je me trompais. Il m'avait fallut du temps pour l'admettre mais je n'y serais jamais arrivé sans elle, sans Ellie, sans Elisabeth et Maelya. Je ne pouvais plus me voiler la face, pas plus que je ne pouvais la laisser là. Je me tu pourtant jusqu'à la fin de ses reproches, cherchant son regard en vain, mon cœur se brisant en sentant sa voix défaillir.

    « Tu n'es pas le nombril du monde non plus et ils ne peuvent pas nous comprendre. Ils font de leur mieux pour gérer leurs peurs sans avoir la moindre idée de ce que nous vivons et je ne leur souhaite pas. Je ne le souhaite à personne et j'aurais voulu te l'éviter. » Répondis-je calmement, mes mains à nouveau sur ses épaules, plus pour l'aider à tenir debout que pour la secouer. « Mais je n'ai pas pitié de toi. Je ne sais que trop bien que la pitié n'aide pas. Ce n'est pas elle qui nous rend plus fort et qui nous aide à nous en tirer. Et je ne mérite rien du tout de ta part, tu ne dois rien à personne. C'est toi qui doit être prise dans les bras comme tu le mérite, par quelqu'un qui puisse te faire te sentir mieux quand tu sera prête à l'être. Je ne peux que te comprendre et c'est déjà énorme. Tu peux me parler Baba. Si tu en ressens le besoin je suis là et je sais qu'on gère tous ces blessures comme on peut. Elles sont invisibles mais profondes, assez pour ne jamais vraiment guérir. On ne fait que vivre avec, un peu mieux chaque jour, à notre rythme. »

Ajoutais-je toujours calmement, ma voix se voulant chaude et rassurante. La voix du grand frère, de l'homme qui sait ce qu'il dit, de celui qui comprend. Elle ignorait ce qui m'était arrivé, elle devait sûrement penser que je fabulais un peu malgré ce qu'elle avait aperçu... Personne ne savait, même pas le psy. Seuls mes supérieurs savaient, plus ou moins en tous cas. Peut-être fallait-il que je lui dise à elle ? Que je lui prouve que je pouvais comprendre au moins un quart du tiers de la moitié de ce qu'elle endurait ? Car je n'étais pas idiot, elle avait vécu pire et cette simple idée me rendait malade à en crever. La voir fondre en larme fut la pire des douleurs mais je me retins de la reprendre dans mes bras, conscient qu'elle ne le voulais sûrement pas. C'était à elle de faire le pas en avant, je ne pouvais et ne devais pas le faire pour elle. Plus jamais. Je ne voulais pas lui infliger ce que j'avais vécu en rentrant, les assauts incessants, les tentatives minables... Elle méritait mieux, je pouvais au moins faire ça pour elle. De nouveau silencieux, j'attendais qu'elle se calme sans briser le contact, reprenant un petit sourire à sa proposition de partir, heureux de retrouver son regard enfin.

    « Laisse moi juste envoyer un texto à l'agent, je ne voudrais pas qu'il te prenne en grippe. » Répondis-je avec la même tendresse, essuyant une larme au coin de son oeil avant qu'elle ne s'empare de ma main pour me tirer vers l'extérieur. « C'est vrai que ce n'est pas mon quartier préféré. » Répondis-je simplement, haussant les épaules avant de sortir mon portable de ma main libre. Je tapais brièvement un message d'excuse à l'homme qui devait toujours nous attendre en haut puis ouvrait de nouveau la voiture. Il y a longtemps que je n'avais pas conduit plus d'une dizaine de minutes, il était grand temps. « Et si nous allions à Cramond Beach ? »

Nous nous y étions souvent enfui plus jeunes. Un lieu à la fois beau et tranquille, pas trop loin mais qui vous donne l'impression d'être loin de tout. Avec le froid actuel, nous n'y croiserions pas grand monde et une balade sur la plage pourrait nous faire du bien. L'air froid battant nos joues, peut-être un café sur un banc. Un retour en arrière pour mieux aller de l'avant ? Je l'espérais en tous cas, j'avais appris à mes dépend que parler pouvait être une bonne chose. Il suffisait de trouver la bonne oreille... Et je voulais être cette oreille pour elle, cette bouée de sauvetage à laquelle elle pourrait se raccrocher au moins un moment. Juste le coup d'étrier dont elle avait besoin. Elle était forte ma sœur, bien plus que moi, quoi qu'elle en pense. J'allais tout faire pour lui prouver.
© nightgaunt

_________________
 
••• There is never a time or place for true love. •••
It happens accidentally, in a heartbeat, in a single flashing, throbbing moment



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://helloscotland.forumactif.com/t435-jamie-eochaidh-o-connel
Contenu sponsorisé
Je m'appelle Henri
MessageSujet: Re: No, I can't l Jamie & Siobhan   No, I can't l Jamie & Siobhan Empty

Revenir en haut Aller en bas
 
No, I can't l Jamie & Siobhan
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» LE RETOUR DE CHEROKEE BROWN de Siobhan Curham
» Jamie T : le nouveau prodige anglais !
» `~Jamie's World ~` bas p1 en blonde! {Volks DD Yui Hirasawa}
» Nicholas SPARKS (Etats-Unis)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Hello Scotland :: Edinburgh Old Town :: Logements-
Sauter vers: