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 The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross]

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Titian Murony
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MessageSujet: The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross]   The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross] EmptyDim 11 Aoû - 12:39

Il y avait une petite douzaine de départs tous les jours pour le port de ferries de Larne, Titian avait donc peu organisé le départ en soi. Ils étaient partis quand leurs valises avaient paru prêtes, leurs animaux de compagnie entre de bonnes mains, et leurs appartements parfaitement nettoyés pour le départ. Ensuite, ils feraient la route à travers l'Ecosse au rythme qui leur paraîtrait plaisant, et ils arriveraient quand ils arriveraient. Pas besoin de réserver un ticket en cette saison, surtout qu'ils voyageaient en tant qu'adultes piétons. Ils n'avaient besoin que d'un coin du pont où s'accouder et regarder l'eau pendant deux heures.

Ils prirent la ligne Stena, pour arriver directement à Belfast sans passer par Larne et devoir prendre le train. Les prospectus de l'embarcadère leur vendaient très bien Larne, tandis qu'ils attendaient le prochain départ ; un trajet qui passait devant de jolies péninsultes, formations volcaniques, îles et autres montagnes, très bien pour une petite famille en vacances, mais ce n'est pas exactement ce qu'ils étaient. Ce n'était pas un voyage fait pour aligner les transports en commun. Enfin, Titian ne savait pas pour son ami, mais lui avait envie de se retrouver un peu seul et tranquille. Seul avec Neil bien sûr, il ne réclamait pas une solitude absolue et un silence total, loin de là. Ça ne lui aurait pas fait de bien non plus. A vrai dire il se sentait un peu fragile.

Calé confortablement dans le salon de l'embarcadère, avec sa boisson chaude et son précieux caisson à oiseaux près de lui, Titian s'efforçait en fait de ne rien regarder. Devant lui, une affiche indiquait avec un petit dessin comique le site où on pouvait garer ses caravanes. Il détestait cet humour noir, en ce moment. Ok, autrefois on y avait logé des soldats, et aujourd'hui, des gens comme ses parents pouvaient y poser leurs bagages et prendre une bonne douche avant de repartir. Mais, il ne savait pas pourquoi, toutes ces informations lui donnaient envie de se crisper sur lui-même comme un hérisson en attente d'impact, pas de relever les coins de sa bouche.

Une fois en pleine mer, il se sentit brusquement mieux. Il respirait librement et parlait sans cesse de leurs personnages, de la façon dont ils allaient les développer, de la relation qu'ils avaient avec les oiseaux... Il se rappelait que son voisin avait manifesté une certaine crainte à ce sujet mais il ne la prenait pas vraiment au sérieux. Le bateau était un peu vieux, ça lui plaisait. L'accent des Irlandais qui retournaient au pays, également. Ils changeaient d'univers, à tout point de vue. Et ils en avaient eu pour une cinquantaine d'euros à eux deux, c'était correct. De toute façon il s'était promis de ne pas s'embêter avec l'argent pour ce voyage. En fait, il espérait ne s'embêter avec rien.

Quand il aperçut les rives de l'Irlande à l'horizon, il fut l'un des premiers à bondir sur ses pieds et à s'accrocher à la barrière pour regarder avec de grands yeux, comme s'il arrivait à une terre promise. Puis il se calma et sourit à son compagnon de voyage : "On ne voit encore rien, en vrai. J'ai envie de lâcher les moineaux pour qu'ils nous racontent. Eux, ils distingueraient déjà tous les détails."

Il avait maintenant faim, et réclama de descendre manger des fish and chips sur le port dès qu'ils auraient récupéré leurs bagages, et les auraient chargés dans la voiture de location. Ce qui leur demanda encore un bon moment. Mais une fois ces formalités accomplies, il put enfin sortir les oiseaux de leur prison et les prit sur ses épaules avec un soulagement évident. Eux aussi, ils seraient certainement ravis de manger des fish and chips, enfin, surtout fish, en retirant la partie panée qui ne les intéresserait pas.

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MessageSujet: Re: The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross]   The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross] EmptyLun 12 Aoû - 8:32

Neil s'est laissé guider comme bercé sur un courant trop fort pour lutter. Non, inutile de lutter, cela le fatiguera plus qu'autre chose. Il écoute Titian discuter de leurs personnages. Cela ne le dérange pas qu'il en parle... Ce qu'il a peur, c'est quand il l'interprétera. Bon, il verra en temps et en heure. Il est appuyé contre la barrière regardant Titian assis devant lui. Il ne soulève aucun point de ces suggestions. Il le fera plus tard si c'est vraiment pertinent. Il laisse la parole à Titian qui semble avoir besoin de s'exprimer sur tout et n'importe quoi. Aujourd'hui comparé au trajet de Islay, il avait opté pour du chocolat chaud. Parce que de un, il n'avait rien à oublier et de deux, il ne voulait pas avoir l'esprit embrouillé si son ami a besoin de lui.

L'accent irlandais lui rappelle pas mal de souvenirs qui remontent par moments. Les mœurs aussi. Ce qu'il n'avait pas dit à Titian, c'est qu'il avait en vrai vécu pendant quelques temps à Dublin avec son aventure du moment. Une relation très tumultueuse entourée de manigances, mafia et secrets. Il n'avait pas vu les rapprochements à cette époque mais il s'était encore fourré dans une de ses abracadabrantes histoires. Après ce qui s'est passé aux Etats-Unis, il aurait dû se méfier et pourtant.... Il a réussi à avoir une relation avec une personne qui était dans le réseau mafieux de drogues à Dublin... Sans compter que cette personne avait retourné sa veste et travaillé en connivence avec les policiers pour faire tomber cette branche.... C'était un énorme déjà-vu que le Neil de cette époque n'a pas percuté... Heureusement, il avait pu rejoindre la France avant que tout ceci ne lui explose au visage encore une fois. Toutefois, cette histoire est plus récente que celle des USA. Espérons qu'ils ne leur arrivent rien sinon il s'en voudra d'avoir embarqué Titian dans ses problèmes qu'il essayait de faire oublier : en plus de cela !

Il sursaute quand ce dernier atterrit près de lui d'un bond accroché à la barrière. Neil penche la tête pour l'observer s'émerveiller de terres de brume. Se retournant, il regarde le large sans voir de terre non plus. J'appelle cela la terre de brume. Regarde, c'est la brume qu'on peut voir mais qui nous cache la terre. Elle est tellement compacte, si je puis dire, qu'on pourrait croire qu'elle est une terre en elle-même. J'aime beaucoup, ce sont des nuages. Sur le pont, on les traverse et on est transi de froid pourtant on a l'impression d'être seul au monde et de voler. En tout cas, c'est ce que je m'imagine. Je trouve cela beau, presque poétique n'est-ce pas ? Neil n'attend pas de réponse perdu dans la brume.

La traversée de la brume se fait sans encombre. De près, elle n'était pas aussi compacte qu'elle ne semblait le montrer un peu plus loin. Neil montre un bout d'ombre haute. Voilà la terre ! On ira manger des fish and chips.

Une fois à terre, la voiture et les bagages récupérés, Neil cherche des yeux une bicoque où manger. Ensuite, il réfléchit et se tourne vers l'arbre à oiseaux. Dis, on peut avancer un peu ? Pourquoi pas trouver un petit restaurant routier, je n'ai pas envie de manger au milieu de tout ce monde et des bateaux. Neil montre les autres voyageurs qui avaient eu la même idée que Titian. Je connais un petit endroit sympathique non loin, je nous y amène. Il prend le volant laissant Titian gérer les oiseaux tout en trépignant de ne pas avoir pu jouer avec Isk et Hisar.

Sur la route, le paysage défile tranquillement pendant que Neil regarde les panneaux routiers pour ne pas se tromper tout en faisant appel à ses souvenirs. Il prit une petite bretelle qui mène dans un endroit un peu reculé et s'arrête devant un petit restaurant qui ne paie pas de mine. Viens avec les moineaux. La dame les laissera entrer. Il montre la terrasse du premier étage ouverte avec une grand baie vitrée. C'est un couple qui tient cet endroit. Il est bien connu des gens du coin. Leur cuisine est incroyablement bonne. Un regard en coin à Titian avant d'ajouter taquin. Pour des anglais. Neil avait découvert ce restaurant sur une promenade au hasard des routes. C'est ce genre d'endroits que toutes les personnes des alentours et des environs plus loin connaissent pour sa qualité mais dont les étrangers et touristes n'entendent pas parlé car ils préféraient des grands noms, des restaurants plus sophistiqués. Mais ici, c'est la convivialité qui compte et l'affaire fonctionne bien pour ce qu'il génère de clients sans avoir besoin de touristes.

Ouvrant la porte sur une décoration simple et authentique, une douce chaleur se dégage de l'atmosphère. Une vieille dame vient les saluer. A droite, à gauche, des irlandais en groupe, en couple ou solo mangent tranquillement ou bruyamment sans pour autant gêner les autres. A une table, on peut même voir un couple et leur chien dans un coin proche d'une ouverture. Le chien a eu le droit à sa gamelle. Un serveur circule entre les tables servant les plats en rigolant avec les convives. Entre les tables, on se lance aussi des piques gentilles montrant que certains se connaissaient en dehors aussi. Neil demande à être sur la terrasse supérieure parce qu'ils avaient avec eux des oiseaux qu'ils ne peuvent pas laisser dans la voiture. La vieille dame les conduit en haut où l'atmosphère est plus intimiste tout en discutant - Elle aime parler de son restaurant et son histoire, elle s'est même arrêté face à un grand panneau de liège montrant des animaux avec leurs propriétaires venus manger ici. On voit quelques couples amoureux dans certains recoins ou des familles monoparentales avec leurs enfants soient des bébés soit des collégiens/adolescents. Elle les mène a une table devant la baie vitrée en disant qu'elle aimerait bien prendre des photos de leurs oiseaux en souriant avec bienveillance leur offrant la carte. Elle les laisse avec la carte pour qu'ils puissent choisir.

Neil se lève directement et ouvre en grand la baie vitrée, fermant un peu la porte de la terrasse en contrepartie pour les autres. C'est un restaurant un peu atypique. La vieille dame et son mari travaillaient dans un refuge pour animaux en Asie avant de venir s'installer ici. Ils n'ont pas aimé la retraite donc ils ont monté ce concept original de restaurant. Mais soyons honnête, la qualité de la cuisine a aussi fait beaucoup. Cette fois, Neil n'a pas suivi le courant, c'est lui qui l'avait guidé.

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MessageSujet: Re: The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross]   The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross] EmptyLun 12 Aoû - 10:48

"En Bretagne, à part le feu et la terre et les trucs habituels, il y avait un élément qui n'était ni de l'air, ni de l'eau : la farine d'air. Je crois que c'était de la brume. Mais c'est surtout bien parce que ça n'existe plus." Titian avait murmuré à voix basse, comme pour éviter de déranger une ancienne magie. Il resta longtemps rêveur puis la côte anima à nouveau son regard, et il redevint fébrile, le regard attiré par chaque détail en mouvement. C'était la faim qui le rendait aussi actif ; dès qu'il aurait trouvé une chaise devant laquelle on poserait une barquette de nourriture ou une bonne assiette, il retrouverait son flegme accoutumé. Enfin, sauf catastrophe.

"Tu es sûr de ton coup pour les oiseaux ? Le chien ne va pas essayer de les choper ? Et les enfants ?"

Il était tout à fait sérieux : c'était dangereux les enfants, enfin, surtout pour eux-mêmes. Mais la dame qui tenait le restaurant le mit rapidement à l'aise. Il chercha bientôt du regard où il pouvait placer les oiseaux pour qu'ils se tiennent tranquilles et posent pour la photo. Vu qu'ils allaient fréquenter pas mal d'endroits avec eux, il leur avait posé des costumes de vol en les tirant de leur moyen de transport, pour éviter qu'ils salissent tout, qui leur donnaient un peu l'air d'être en maillot de bain, sauf que pour la blague ces costumes extensibles étaient décorés en motifs de smokings. Un avec une cravate, un avec un noeud papillon, naturellement. Ils étaient bien ridicules comme ça mais ils gardaient un air parfaitement digne.

Il avait envie de se livrer à d'inexplicables expansions sentimentales à la vue de ce petit troquet paisible et protégé, comme une bulle personnelle de souvenirs agréables où son voisin lui avait accordé l'accès. Il aurait aimé dire qu'il s'y sentait comme chez lui, mais à vrai dire ça aurait plutôt été une insulte. Disons qu'il ressentait que les gens qui vivaient ici se sentaient comme chez eux, et qu'il pouvait percevoir leur impression et l'éprouver par procuration. Mais c'était vraiment une chose bizarre à dire pour complimenter un endroit. Il se serait emmêlé dans son explication et Neil aurait commencé à penser à autre chose au beau milieu de la tirade. Ça n'aurait servi à rien. Il n'était même pas sûr que c'était exactement ça qu'il essayait de dire.

"Bon appétit les gars," déclara-t-il simplement en levant sa fourchette à l'intention des deux oiseaux et de son convive, avant d'attaquer le plat. "Hé, tu les connaissais d'avant, ces gens ? J'ai l'impression que tu as plein de liens avec l'Asie. Parfois j'ai l'impression de causer avec un Chinois expatrié." Il avait choisi ce qu'il mangeait complètement au hasard, décidé à rendre à Neil la confiance aveugle qu'il lui faisait en le suivant sur un de ses fameux festivals. Et jusqu'à maintenant, il n'avait pas à se plaindre.

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MessageSujet: Re: The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross]   The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross] EmptyLun 12 Aoû - 11:52

C'est pour cela qu'il y a une porte qui sépare la terrasse de la salle. Neil montre la porte qu'il a poussé. Comme ça, il n'y a aucun problème. Il regarde son plat et se lève pour venir regarder la gamelle des moineaux, ils avaient de la viande et du poisson à volonté - enfin autant que le contenant puisse en tenir. Ce qui est bien dans ce restaurant c'est qu'il n'y a pratiquement aucun reste dans les assiettes et si il en restait c'était pour les animaux. Il caresse les plumes d'Hisar et de Iskandar en souriant. Il avait pris l'habitude avec le toit mais il ne peut pas le faire ici, il doit manger aussi. Il se lave rapidement les mains au robinet que contient la salle puis revient s'installer.

Non, pas vraiment. Je les ai connu quand ils avaient déjà le restaurant. Je m'étais perdu dans la région et la faim m'a fait pousser la porte de ce lieu. Je ne regrette pas du tout. Neil attrape ses frites et commence à les grignoter avec appétit.

Pour la Chine... Son regard perd de son éclat et il garde le silence pendant quelques secondes pour manger son poisson avant de répondre. Quand j'ai dû quitter l'Ecosse la première fois, j'ai atterri au Moyen-Orient. J'ai navigué sur les terres jusqu'en Asie. J'errais sur les divers pays comme la Thaïlande, l'Inde, le Vietnam, enfin tous ces pays là. Pendant un an, j'ai erré puis un homme m'a pris sous son aile et m'a conduit dans son pays qui n'est pas loin. Il serre fort ses couverts pour ne pas se toucher le cou au point d'en trembler légèrement. Une gorgée d'eau plus tard. Pendant quatre ans, j'ai vécu avec lui et ses amis, son pays et ses exigences. On a souvent voyagé en Asie ou alors, il m'envoyait là-bas pour le travail.

Relevant la tête pour prendre l'air qui s'engouffre de la baie vitrée, il regarde vers le ciel. Après quatre ans, j'ai... Neil ravale le mot "fui" pour se reprendre. Je suis parti de chez lui et j'ai encore un peu navigué dans ces pays pendant six mois avant de décider d'aller en Amérique. "Afin d'être en sécurité". Cette phrase aussi reste sur sa langue. Donc oui, j'ai quelques liens avec l'Asie et beaucoup de souvenirs là-bas. Un peu comme des souvenirs d'enfance, tu vois le genre. Neil lui sourit avant de retourner à son plat. Après, on ne peut pas dire que je sois un expatrié. Il rigole. Sinon, j'aurai l'impression d'être un expatrié partout même dans mon propre pays de naissance. Disons que je suis un citoyen du monde. Il mange un bout de poisson en réfléchissant. Cela me rappelle qu'il faut faire, le truc de l'ADN là dont on avait parlé. Toujours partant ?

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MessageSujet: Re: The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross]   The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross] EmptyMar 13 Aoû - 11:45

Titian se sentait un peu bête de s'inquiéter. Mais il suffisait de si peu pour qu'un accident arrive. Il jetait des coups d'oeil aux deux oiseaux sans arrêt pour vérifier que personne ne les approchait, volontairement ou par accident. Il était con d'aimer des animaux aussi sauvages et dangereux.

Enfin, eux n'avaient pas l'air de l'être, ils avaient l'air de deux amours, mais... au fond il savait très bien de quoi ils étaient capables. Il le savait et il se demandait parfois si ce n'était pas ça qui l'attirait. Les ailes ou les serres ? Les yeux ou le bec ? Les muscles ou les os ? C'étaient de magnifiques athlètes qui donnaient des spectacles incroyables, et à côté de ça c'étaient des monstres de cauchemar, et lui, il ne savait pas où ses pensées essayaient de l'entraîner.

Il fixa son nez dans son assiette et se concentra sur ce que racontait Neil. Enfin, bizarrement ça lui inspirait exactement le même sentiment. Il se mordit les lèvres et évita de le fixer tant que ses explications ne furent pas finies. Il jouait avec les mots comme avec un puzzle, dans sa tête, les mettait en ordre et se représentait ses errances. Tiens, il ne voulait pas lui dire certaines choses. Dans quel pays il était resté quatre ans avec cet homme en question, ce qu'il avait fait là bas comme travail, pourquoi il avait quitté l'endroit. Ce n'était peut être rien. Mais la zone d'ombre laissée au milieu du puzzle l'attirait irrésistiblement, comme une plongée dans le vide.

"J'ai regardé un peu ce qui existait, le Human Genome Project a l'air bien scientifique comparé à d'autres trucs qui font un peu arnaque ou raciste. C'est en cours depuis vingt ans et ça participe à la recherche sur les origines de l'humanité et les conséquences médicales d'avoir un gène ou un autre..., ça me plaît bien."

Il repoussa son assiette presque vide, s'essuya le visage et se redressa en retirant ses lunettes. Elles commençaient à le fatiguer, leur poids pesait sur l'arête de son nez et devait y avoir fait des marques. Son regard était fixe et perçant, il aurait bien voulu lire dans le crâne de Neil. Il ne pouvait pas, mais un gugusse quelque part dans un labo pouvait lire dans son sang. S'il acceptait de le donner, bien sûr.

"Ce serait cool que tu le fasses aussi. Je veux le savoir si j'ai un lien de famille avec toi."

Pour ne pas avoir l'air de lui donner un ordre, Titian tendit la main par dessus la table et sourit, comme pour proposer un pacte. C'était bien ce qu'il faisait. Le dessert était un moment approprié pour ça, comme pour échanger des cadeaux un soir d'anniversaire. Il avait commandé un truc avec de la chantilly, sans se préoccuper de ce qu'il y avait dedans ; juste pour la chantilly.

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MessageSujet: Re: The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross]   The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross] EmptyMar 13 Aoû - 16:17

Neil observe la main tendue en face de lui. Il ne bouge pas pendant quelques secondes en observant toujours la main. Il l'attrape ensuite pour la serrer avant d'ajouter. Tu sais qu'il y a un moyen plus simple de savoir. Neil finit tranquillement son assiette. Il suffit simplement de comparer nos ADN. Cela permettra de savoir directement si on est de la même famille ou non. Tu sais comme dans les séries policières où il compare les ADN d'une personne à leur base de données afin de savoir à qui il appartient. Il y a aussi ce truc là. Avec l'ADN mitochondrial mais c'est seulement si on n'a pas le noyau comme un cheveu sans racine. Ce génome n'est transmis que par la mère.

Neil s'appuie sur sa main et observe l'extérieur en soupirant doucement non pas d'ennui mais parce qu'il a bien mangé. Je devrais arrêter de m'intéresser à ce genre d'émissions. Enfin bon, tant que les flics ne s'approchent pas trop de moi, je peux très bien les regarder à travers l'écran sans que cela me gêne. En tout cas, voilà, on peut carrément demander un test de fratrie au lieu de passer par tout cela si c'est pour nous. Tu en penses quoi ?

Regardant le dessert qui "danse" devant ses yeux, il se dit qu'il est bien sincère aujourd'hui quand il repense à ce qu'il a dit sur sa vie vers la Chine. D'habitude, il n'en dit pas autant. Il aimerait avoir une vie simple pour éviter à Titian de voir le danger partout autour de lui, surtout en ce moment. C'est pourquoi il redoute son passage à Dublin. Cela ne fait que six ans que cette affaire - si on peut appeler cela une affaire - s'est passée. Elle n'a pas dû être étouffée - pas encore, surtout si le coup de son ex a porté ses fruits - et il doute que les personnes qu'il a connu ou qui l'ont juste aperçu soient à la retraire ou mortes.

Qu'est-ce que cela te fera, si jamais tu découvres qu'on est de la famille ? Ou alors que diras-tu si nous ne sommes pas de la même famille ? Qu'est-ce que tu aimerais ?
Neil tourne le regard vers lui et sourit. Je doute qu'on fasse partie de la même famille de gênes mais ça change rien au fait que je t'aime, alors ne te transforme pas autre chose ! Il lui tire la langue. Comme un alien ! Je ne veux pas d'un alien moi ! Il grignote son biscuit gentiment.

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MessageSujet: Re: The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross]   The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross] EmptyJeu 15 Aoû - 5:08

D'après Titian, c'était justement pour ça que Neil regardait trop de polars : il étudiait son ennemi, comme on regarde des films de zombies pour se préparer à une attaque. Bon, drôle de comparaison, mais en tout cas l'idée qu'il proposait pouvait s'articuler avec l'autre et il hocha la tête. Ils pouvaient faire ces deux trucs en même temps. Enfin, pour celui qui avait trait au génome humain, il était à peu près sûr qu'il n'y avait pas à donner de raison. Pour l'autre, il allait falloir expliquer qu'il n'avait jamais été contacté par ses géniteurs biologiques, que ça le tracassait, qu'il voulait savoir... et il aurait l'air de pleurnicher.

Exprimer des émotions par rapport à ça, c'était encore plus effrayant que de juste aborder le sujet. Il demanderait à Neil de rédiger le courrier pour lui.

"Tu veux pas d'un alien, tu veux pas d'une liane... tu ne veux rien toi !" rit Titian en regardant son ami manger comme un petit rongeur. "Faut que je reste exactement comme je suis, c'est ça ? J'ai le droit de vieillir un peu ou pas du tout ?"

Mine de rien, la question était intéressante. Est-ce qu'il préférerait être de la famille de Neil par hasard, et serait déçu de constater que ce n'était pas le cas ? Ou est-ce qu'il serait terrifié en apprenant un lien de parenté et devrait lui appliquer des concepts qu'il n'était pas prêt à utiliser ? Et puis il y avait cette obscure histoire de la nuit dont ils ne se rappelaient pas. D'un côté, la radio disait qu'ils avaient tué quelqu'un. De l'autre, l'idée qu'ils avaient "juste couché ensemble" et qu'il ne s'en rappelait plus le gênait davantage s'ils étaient cousins ou demi-frères ; il n'avait pas très envie de vivre avec le doute.

Il regarda son assiette et joua avec la chantilly quelques secondes, puis ses yeux s'élargirent et il lâcha sa cuiller. "Hey. Tu m'as jeté de la chantilly. Non ?"

Un souvenir très très vague qui lui revenait, un goût sucré, une bataille de nourriture, et un contact collant, et ses plaintes que ses cheveux ne s'en remettraient jamais. C'était bordélique à souhait dans sa tête mais ça s'accordait comme du papier à musique au fur et à mesure qu'il se le repassait. Du coup il n'avait pas répondu à sa question ; il n'avait pas de réponse, voilà. Il verrait bien le moment venu.

"C'est pour ça que je me suis déshabillé. J'ai pris une douche pour sauver mes cheveux ou quelque chose comme ça ?"

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MessageSujet: Re: The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross]   The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross] EmptyJeu 15 Aoû - 6:46

Exactement, je veux rien ! Neil continue de manger son dessert par petits bouts. Il fait semblant de réfléchir et sourit en coin. Bien, je suis magnanime et je te laisse le droit de pouvoir vieillir. Neil a le regard étincelant de rire alors qu'il observe Titian au travers de son verre d'eau. Il joue avec le spectre lumineux que le prisme qu'est l'eau admirant l'arc-en-ciel avec le regard d'un enfant. Il bouge son verre pour faire bouger les rayons sur la table. Cela fait un moment qu'il n'avait pas eu ce regard-là sans aucune mauvaise pensée qui vient parasiter le moment.

Reposant son verre, il vient masser un peu son épaule. Il a un peu forcé pour tenir le bras en suspension. La douleur n'est plus que musculaire mais cela reste encore persistant. D'après les médecins, il faut qu'il travaille son épaule comme une rééducation et que les premiers temps, il allait ressentir une douleur et une gêne. Simplement parce que les fibres corporelles sont "neuves". Un peu comme un vêtement neuf qu'il faut mettre pour que le tissu devienne plus souple et agréable à porter.

Neil hausse un sourcil à l'interjection de Titian et continue à manger son dessert ne se préoccupant pas de la phrase qu'il a sorti. Cela se voit bien qu'il ne lui a pas jeté de la chantilly mais la suite le fait rire. Tu as besoin d'une excuse pour prendre une douche et prendre soin de tes cheveux. Il enfourne une autre cuillerée. Je n'ai jamais vu quelqu'un autant prendre soin de ses cheveux que toi. Il le pointe avec sa cuillère avant de reprendre une autre bouchée avec. Enfin, si on met de côté certaines ex. Neil lève les yeux à ce souvenir. Enfin bon, j'habitais rarement avec elles donc je ne sais pas exactement à quel point elles étaient gaga de leurs cheveux. Mais une d'entre elles m'a sorti un jour que "son potentiel séduction résidait essentiellement dans ses cheveux" Tu penses la même chose ?

Enfin bon, Neil termine son dessert et cette conversation sur un ton je m'en foutisme qui le caractérise quand le sujet est inintéressant pour lui. Même ma cousine m'a dit un jour que les cheveux d'une femme sont très importants. Puis soudain il s'anime. Mais alors pourquoi pas ceux d'un homme alors ? C'est comme au Japon, toucher les cheveux d'une fille est très personnel. Au Moyen-Orient, c'est un atout érotique. Pourquoi les cheveux ont-ils un si grand intérêt pour les gens ? Pourquoi sont-ils carrément intégré dans les moeurs sociétales de certains pays ? Est-ce parce qu'ils sont différents selon notre race ? Que comme la peau, ils peuvent montrer une ethnie ? Neil observe un silence et rosit un peu. Désolé, je m'emporte toujours sur des sujets minimes mais je suis curieux de nature, tu le sais bien. Il fait référence à ses nombreuses escapades dans l'appartement de Titian alors que ce dernier était là ou non.

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MessageSujet: Re: The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross]   The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross] EmptyJeu 15 Aoû - 8:36

"Tu sais de quoi je parle. Je parle de cette nuit là dont on ne se rappelle pas. Ce serait cool que ça nous revienne, mais après tout ce temps, je pense que ça a peu de chances d'arriver."

Il piqua une bouchée dans le dessert de Neil avant de manger le sien, et lui tendit son assiette pour qu'il fasse de même. C'était bien aimable de l'autoriser à vieillir, surtout que si les choses continuaient à être aussi mouvementées, ça arriverait sûrement très vite. Il se demanda une seconde de quoi il aurait l'air avec les cheveux blancs. Il y avait une mannequin qu'il trouvait super jolie, une Corse qui avait une soixantaine d'années et de très longs cheveux tout blancs depuis longtemps, il se demandait s'il arriverait à les garder aussi beaux jusqu'à la vieillesse officielle. La chantilly ne s'y verrait plus alors, se dit-il avec un demi-sourire.

"Si on pouvait se souvenir, au moins on saurait qu'on n'a tué personne. Ça me semble important, surtout vu que la police... Et on saurait qu'on n'a... rien fait d'autre non plus. Bon ça c'est pas trop la misère mais... c'est bon à savoir, quoi !"

Il n'avait aucune idée des jeux érotiques bizarres que d'autres faisaient avec leurs cheveux ; il était tellement éloigné de ces considérations qu'il n'avait pas d'accès direct à cette partie de son cerveau.

"Moi, j'aime mes cheveux parce qu'il m'a fallu du temps pour les faire pousser, ça représente une somme de travail, tu vois ?"

Il aurait pu renoncer là, mais puisque Neil était si curieux, il allait lui donner quelques éléments de compréhension. Il en ferait ce qu'il voudrait ; c'était pas comme si l'incompréhension était un obstacle à leur entente, de toute façon. Avec le recul, Titian pensait même qu'elle avait joué un rôle important dans leur amitié. Il chercha ses mots quelques instants et poursuivit :

"Comme les moineaux, je les ai élevés, je les ai dressés, c'est... je sais pas comment dire, c'est un peu passif comme travail mais c'est une responsabilité que j'ai prise, et j'ai les résultats. Les compliments que je reçois, ça veut dire : tu as fait ce qu'il faut, pendant longtemps, pour arriver là."

Bon, ça n'était pas plus clair. Tant pis, il était toujours à la recherche de ses souvenirs. Il avait entendu dire que le goût aidait à fixer ce genre de chose et qu'en mangeant le même aliment, ou en respirant le même parfum, on pouvait retrouver la mémoire.

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MessageSujet: Re: The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross]   The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross] EmptyJeu 15 Aoû - 9:42

Neil prend un bout du dessert offert en réfléchissant. Cette soirée-là ne le perturbe pas plus que cela. Il n'y réfléchit pas vraiment. La radio disait qu'ils avaient tué, or, il se connaissait suffisamment pour savoir que ce n'est pas vrai. Il a déjà fini bourré plus d'une fois et il n'a jamais tué durant ceux-ci. Non, les moments où il avait blessé gravement des personnes, il est en pleine possession de ses moyens, parfois attisé par l'alcool certes mais jamais à ce point. De plus, il fallait vraiment le mettre en colère pour en arriver à cette situation ou en vouloir à sa vie. Et encore, son réflexe, après toutes ses années depuis sa fuite de Brunei - passage de la main sur sa gorge - est de fuir comme les rats. C'est le mieux. En vrai, il n'aimait pas se battre, il préfère la retraite. Mais c'est aussi stratégique, parce que si on le suit quand il fuit c'est lui qui prend alors le contrôle de la situation.

Mâchouillant la fourchette, toujours en pleine réflexion écoutant les paroles de Ti, il réfléchit à l'autre option fournit. Ils auraient alors couché ensemble. Ce n'est pas quelque chose qui dérange vraiment Neil, non plus. Il aurait été dégoûté et se serait senti sale, si il avait couché avec un parfait inconnu. Cependant, là, il a couché avec Ti. Ce n'est pas la mer à boire. En tout cas pour lui. Neil l'observe. Moi, je m'en fiche de savoir. Je préfère qu'on ait couché ensemble tous les deux que de le faire avec un parfait inconnu. Au moins, je sais qu'à ce moment-là, j'avais confiance en mon partenaire. Il hausse des épaules et termine son verre d'eau.

S'appuyant sur sa main pour réfléchir à ce qu'il lui avait dit sur les cheveux, il accepte les explications. C'est logique. Quand on y consacre du temps, on souhaite en récolter les bénéfices. Neil le comprends. Son père était comme cela. Il a fait passer son travail avant la famille et tout le monde les félicitait d'avoir un mari ou un père qui avait les moyens d'entretenir sainement sa famille. Mais voyaient-ils, ces corbeaux avares, que le sacrifice de cette position sociale, c'est d'avoir un mari absent et un père stricte, brutal et condescendant. Rabaissant toujours sa femme, insultant son fils, on aurait presque dit une vieille famille de l'ancien temps exploité et sous la main mise paternelle. Le regard de Neil est flottant sur les nuages pendant qu'il repense à tout cela. Qu'importe le nombre de compliments que les personnes adressaient à la façade de la famille parfaite n'entamait le vernis. Au contraire, ils renforçaient la barrière séparant la réalité de la fiction d'un sourire crispé. Même quand Neil a commencé à devenir un délinquant, cela a à peine égratigner la surface, les voisins et amis se désolant de voir un fils si ingrat envers son père qui lui a tout offert.

S'arrachant à ses souvenirs, il se redresse avec un sourire. Je vois. Après, je ne peux rien dire, j'aime bien m'occuper de tes cheveux. Ça a quelque chose d'apaisant. Peut être parce que je suis proche de toi. Tout comme m'occuper des moineaux. Ces derniers temps, j'ai passé tellement de temps avec eux qu'ils vont bientôt connaître tous mes secrets. Neil rigole et se lève pour venir câliner les moineaux en question. Il n'avait jamais éprouvé aucune peur près d'eux mais aujourd'hui, c'est encore pire, il pourrait pratiquement les prendre pour des peluches comme il le faisait pour Mehen. Le tigre, c'est une autre histoire, il ressemblait à une peluche mais il n'était pas aussi proche qu'avec leurs animaux à eux.

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MessageSujet: Re: The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross]   The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross] EmptyLun 19 Aoû - 6:04

"C'est pas de l'avoir fait qui me dérange, c'est de ne me souvenir de rien. C'est quand même... ça ne te rend pas curieux ? On est pas attirés, d'habitude. Sinon on le ferait tout le temps. Comment les choses se sont enchaînées... comment l'idée nous est venue, tout ça."

Il avait bien une vague idée – ça devait être à cause de Traum, cette série était, euh, comment dire... inspirante ? Surtout pour Neil dans ce domaine, qui faisait son possible pour garder une apparence impassible face aux scènes les plus osées, mais qui n'avait pas pu cacher absolument tout à son quasi colocataire. Un épisode de trop, une suggestion pour rire, et ils avaient très bien pu vouloir tester. Rien ne disait que ça s'était soldé par un succès flamboyant, d'ailleurs. Au fond, c'était peut-être mieux de ne pas se souvenir.

"Enfin, dans l'état où on était, je ne sais pas si on peut appeler ça des idées." Il rit et ramena à sa bouche le palmier qui décorait sa glace, pour mordiller le pic de bois. Il avait l'air d'avoir au bec une cigarette d'un style particulièrement hippie. Ses yeux brillaient d'un amusement mêlé d'anticipation ; ils allaient sans doute en prendre d'autres, des cuites, au cours de leur voyage. Ça c'était une activité naturelle avec un ami comme Neil, ils avaient beaucoup à se raconter et l'alcool aidait toujours, et ils avaient accumulé tellement d'émotions négatives dernièrement que la détente se devait d'être au même diapason : extrême et déchaînée.

Il se sentait en sécurité ici, tout leur souriait ; les horreurs d'Edimbourg avaient l'air à des années lumières, dans un autre monde dont l'existence était sujette à caution. Il en oubliait presque qu'une personne bien réelle leur voulait du mal. Cette pensée lui revint soudain et ses joues perdirent de leur couleur. La peur ne s'en irait pas de sitôt. Il se préparait déjà des techniques pour la contrôler quand ils dormiraient sous la tente. On se sentait vulnérable, là-dedans, quand le cauchemar prenait le dessus sur la raison. Heureusement que Neil était patient.

"...Mais tu ne devrais pas raconter nos secrets sur le toit, imagine que quelqu'un y soit monté et ait posé des micros."

Cette fois, il ne plaisantait plus qu'à moitié. Ça n'aurait pas été plus absurde qu'une personne odieuse qui pose des plumes noires devant chez eux et qui assassine leurs amis. Par moments, il l'imaginait lâche : une présence distante, à la façon d'un voyeur, mais qui n'aurait jamais osé s'approcher de trop près, surtout sur un toit où il est facile d'être acculé. A d'autres moments, dans un effort de sérieux, il se rappelait que deux personnes avaient déjà été tuées.

La police n'avait pas voulu encore lui donner l'identité de la première, tant que l'enquête était en cours pour établir si le tueur à la moto pouvait être impliqué, mais il y avait une première personne, il le savait. La nuit de la première plume, quelqu'un était mort. Il songea soudain que ça pouvait être "le chaton", et un frisson lui fit serrer les poings. Le dessert évanoui, il sentait son humeur retomber dans ses chaussettes pour quelques minutes, et il en serait ainsi jusqu'à ce qu'il arrive à fixer son esprit sur la prochaine distraction.

"Tu te rends compte ce que je vivrais en ce moment, si je ne t'avais pas connu ? J'aurais été tout seul dans cette histoire, tout seul face à cet ennemi et là je voyagerais tout seul. Je ne m'en sortirais pas. Enfin, je t'entraîne dans mes problèmes, ça ne devrait pas me faire plaisir, tu voulais juste vivre tranquille à Edimbourg et – voilà où on se retrouve. Je suis désolé."

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MessageSujet: Re: The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross]   The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross] EmptyLun 19 Aoû - 7:32

Neil sourit malicieusement aux conjectures de Titian. Il n'avait jamais dit si il était attiré ou non par lui. Tout comme il n'avait jamais vraiment parlé de ce qui pouvait l'attirer chez quelqu'un. Cela l'amuse beaucoup de voir son ami aussi certain et sûr dans ses propos. Et puis le fait de le faire tout le temps, dans ces conditions, c'est comme pour le fait d'être sûr qu'il n'a pas tué, il sait qu'il ne ferait rien sans vraiment le vouloir ; lui et son partenaire aussi. Il garde des principes même bourré quand même. C'est une des rares choses positives qu'il a réussi à ressortir après des nuits d'errance de bar en bar et des beuveries à en perdre la raison. Il avait appris à les gérer et intégrer ses principes comme un réflexe de survie. Au bout d'un temps, ça en est devenu un vu tous les secrets qu'il doit enfouir... et il n'y a pas que les siens - même sans parler de ceux de Titian.

En tout cas, il est soulagé de le voir rire et sourire. Il glisse ses doigts entre les plumes de Iskandar se perdant dans sa pupille. Un soir, il n'y avait qu'Iskandar sur le toit. Il se demandait où étaient les autres. Il les avait donc attendu en racontant à l'oiseau d'où lui venant son prénom. Il a commencé par la partie historique avant de finir en fantaisie pour égayer la soirée et l'attente. Il était parti dans une guerre sainte avec des invoqués qu'on appelait des "servants". Il avait tous des surnoms mais en vrai, leurs noms étaient des personnages connus de l'histoire. Ils étaient liés à une personne qui se distingue de la société parce qu'ils sont magiciens. Cependant, ils restaient cachés. Les magiciens et leurs servants se battaient pour une sorte de graal, une machine qui accorde des voeux. En plongeant dans son regard, il se revoit donc sur ce toit lui racontant tout cela avec enthousiasme.

Son corps se tend quand il parle d'une personne sur le toit. Chaque fibre cumule de l'énergie comme acculé devant le souvenir de cette ombre qu'il avait croisé en revenant du toit. Mais ce n'était qu'une vision. Il y croit. Enfin après ça pouvait être ce petit plaisantin qui lui posait des prospectus d'activités de divers pays. Il ne comprenait pas vraiment l'utilité de faire cela à part lui donnant de bonnes idées d'activités au cas où il irait dans les pays en question. Enfin certains, il les avait déjà visité. Mais pourquoi serait-il monté ? La boite aux lettres est en bas. Il se tourne alors vers Titian. Le voyant blanc, il vient près de lui et lui pose une main qui se veut apaisante sur son épaule. Il avait réussi à se détendre.

Un sourire orne ses lèvres puis il vient derrière son ami passant ses bras autour de lui, il l'enlace. En vrai, je ne voulais pas vivre tranquille. Ce n'est que pour ma promesse faite à ma mère que je l'ai fais. Sinon, je serais encore en voyage voguant au gré de mes idées. Il resserre doucement ses bras autour de lui pour le rassurer avant de le relâcher. Je vais payer et on y va. Rejoins-moi en bas avec les moineaux. Il file avant qu'il ne puisse répliquer.

Discutant un peu avec la vieille dame, elle lui remet des doggy bag. Elle avait écrit le mot "oiseaux" sur l'un en signalant que c'était pour les moineaux. Neil la remercie chaleureusement en regardant Titian le rejoindre. Saluant la dame de la main, ils passent la porte. Neil s'étire devant la voiture en mettant les doggy bag dans la petite glacière - portable et pliate - qu'il avait pris. Il se tourne vers son ami. Alors, tu veux conduire ?

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MessageSujet: Re: The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross]   The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross] EmptyMar 20 Aoû - 7:04

En récupérant ses oiseaux, Titian eut le déplaisir de constater qu'ils avaient bien mangé et, pour faire de la place sans doute, bien sali leurs petits costumes. Il les emmena donc les bestiaux aux toilettes pour les "changer" – leur ôter leurs tenues, les passer à l'eau et au savon, les tenir au dessus du séchoir à mains qui vrombissait comme s'il remarquait quelque chose de louche, et les leur repasser laborieusement autour des ailes, sous les yeux égayés des autres clients. Il envoya un message rapide pour savoir comment allaient ses autres oiseaux ; la réponse arriva alors qu'il descendait l'escalier, ses deux bestioles juchées sur ses épaules, occupées à se chicaner sans raison derrière sa tête à petits coups de bec. Oui, toute la petite famille allait bien. Il essaya de ne pas imaginer qu'on s'en prenne à eux pour l'atteindre, en son absence.

"Ouais, je conduis."

Il décrocha les deux oiseaux de ses épaules, fit entrer Iskandar sur son arbre de voyage, réfléchit puis tendit l'autre petite boule pelucheuse à Neil. Il avait envie de lui faire plaisir.

"Prends Hisar sur toi, il n'est pas idiot lui, il ne déploiera pas ses ailes. Je pense qu'il va dormir, par ennui. Mais j'ai pas envie de le trimballer en caisse pour son premier long trajet."

Iskandar en revanche, bien brave mais con comme un balai, était tout à fait capable de chercher à s'envoler au milieu de l'habitacle du conducteur, et de l'aveugler avec ses grandes plumes. Il allait donc rester dans sa boîte et d'ailleurs ça ne l'avait jamais dérangé. Parfois, Titian se demandait si il se rendait vraiment compte que la boîte était là. Enfin, ça l'arrangeait. Au moins la longueur du trajet ne le dérangeait pas. Il ne devait pas avoir une claire notion du temps non plus.

"Le spectacle va être un peu limité, de ne pas avoir toute la volière pour une fois. Mais pour ton initiation, ce n'est pas plus mal. Isk est pas un mauvais partenaire, il ne fait pas tous les exercices quoi, et il se laisse distraire facilement, mais ce qu'il fait, il le fait correctement. Et il est tout fier quand tu lui donnes sa récompense. Tu vas voir, c'est un plaisir de travailler avec lui, à condition d'avoir un peu de patience."


En s'éloignant du restaurant, il regretta un peu de ne pas avoir pris de photos du décor ; il avait envie d'imprimer une série de photos de tous leurs souvenirs de voyage, sous forme d'un petit livre avec des phrases idiotes à côté pour se marrer en le relisant. Il poursuivit avec enthousiasme, parlant un peu tout seul :

"Hisar est doué, je lui ferai faire des trucs un peu incroyables après avoir fait voler Iskandar de ci de là et que les gens se disent : ok, c'est tout ce qu'on peut attendre. Tu vois, un effet de surprise. Et il est tout petit, ils ne s'attendront pas à ce qu'il soit aussi fort."

Pendant le trajet entre Belfast et Dublin, où ils dormiraient selon le climat sur une aire de camping extérieure ou dans un hôtel de périphérie, il passa son temps à expliquer comment faire évoluer des oiseaux dans une foule, les consignes de sécurité, les réactions du public, les requêtes des organisateurs, les autres animaux qu'on pourrait côtoyer... En esprit, il était déjà là-bas. En même temps il n'y avait pas grand-chose à regarder au long de la route, à part des moutons. Hisar s'était mis en boule sur les genoux de Neil et dormait comme un hibou, la tête enfouie dans ses plumes pour tenter d'ignorer les vibrations du véhicule. Il avait l'air d'un petit monsieur renfrogné, avec son costume à noeud papillon.

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MessageSujet: Re: The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross]   The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross] EmptyMar 20 Aoû - 9:59

Neil garde Hisar sur ses jambes sans rien dire tout en regardant vers Iskandar. Il ne savait pas si il devait dire à Titian qu'il privilégie ce dernier parce qu'il l'apprécie mais aussi parce qu'il avait l'impression que son ami le dénigrait souvent. Des fois, il avait l'impression d'entendre son père dans ses paroles. Le voir ainsi rabaisser les capacités de Isk parce qu'il est facilement distrait n'est pas ce qu'il préfère. Ses mots le blessaient plus qu'ils ne blessaient vraiment Iskandar. Mais c'est un miroir trop flagrant de ses relations avec son père dans le passé. Il devait, cependant, reconnaître que comparé à son père, Titian disait quand même quelques compliments à son oiseau.

Pendant tout le trajet, Neil laisse Titian discuter et parler de ce qu'il voulait en soit quasiment que du festival. Plus ils se rapprochaient de Dublin, plus Neil se tendait mais son ami ne semblait pas le remarquer heureusement. Il passait beaucoup de temps à observer les alentours. Dès qu'ils étaient à l'arrêt, Neil laissait Hisar à Titian et lui signalait qu'il allait un peu promener Iskandar pour qu'ils prennent tous les deux leurs marques. Souvent, il faisait le tour de l'endroit, vérifier les points d'accès, les possibles issues de secours et papouiller Iskandar. Encore une fois, il semblait donner l'impression de plus discuter avec l'oiseau qu'avec les humains. Ils revenaient, au départ, assez rapidement après le tour de Neil mais plus le temps passait et plus Neil prenait plus de temps à revenir.

Quand le panneau de Dublin est passé, Neil n'est qu'une petite boule de nerf tendue. Mais il n'en dit rien, par contre, les oiseaux le ressentent bien. Ils semblent un peu s'agiter. Il est passé en mode défensif total. Ses yeux surveillent tous les recoins sombres. Son corps est toujours prêt à l'attaque ou à la fuite. Il ne regrette pas avoir emmené un couteau papillon avec lui. Ils ont cherché un endroit où loger et Neil a été extrêmement exigeant, refusant certains endroits, vérifiant la qualité du service et le visage des employés. Cela faisait déjà deux ou trois jours qu'ils étaient sur Dublin. Neil n'avait pas relâché sa surveillance. Il profite de chaque moment avec Titian en souriant et en faisant des activités malgré son regard toujours à l'affût. Il avait appris depuis le temps à savoir profiter et être prudent. Cela a commencé avec son emploi à la garde royale.

Un soir, ils sortent d'un bar tranquillement. Neil a bu quelques verres mais il est encore frais. Il a senti quelques regards sur eux depuis quelques heures. Bien qu'il s'est détendu - essayé - il ne les a pas oublié ; encore moins quand après quelques rues, on se doute clairement qu'ils sont suivi. Neil soupire et attrape la main de Titian. Il faut courir un peu. Il commence à l’entraîner dans une ruelle montrant ainsi sa connaissance des lieux. Il ne lâche pas la main de son ami et ne ralentit pas l'allure le forçant à le suivre. On peut entendre des pas de courses derrière eux et des voix qui leurs disent de s'arrêter. Alors que Neil tourne à une rue, il pile net en rattrapant Titian afin qu'il ne tombe pas regardant les deux personnes qui leurs bloquent le passage. Essoufflé, il se retourne et regarde vers l'arrière voyant une autre personne. Merde. lâche Neil.

La personne derrière eux rigole. Et bien alors ? C'est comme cela qu'on montre sa joie devant d'anciens amis ? Neil grimace tout en cherchant une issue - il se fustige de ne pas avoir réussi à atteindre l'endroit qu'il souhaitait - et réplique. C'est comme cela qu'on accueille un ancien ami ? Il garde Titian près de lui et les autres remarquent le geste et se moquent d'eux avant qu'un autre demande Dis-nous où est Sofia ! Elle nous a trahi ce qui fait de toi un traître aussi !

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Titian Murony
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MessageSujet: Re: The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross]   The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross] EmptyMer 21 Aoû - 5:07

Au début, Titian s'était contenté de sourire : "C'est pas un chien, il a pas besoin de toi pour se promener." Mais il aimait bien la façon dont Neil s'investissait auprès de ses petits protégés, surtout celui-là. Il y avait tellement de gens qui n'arrivaient pas à les reconnaître, lui il avait un chouchou, le premier de ses oiseaux qu'il avait rencontrés en tête à tête et qu'on lui avait présenté comme tel, et ça donnait vraiment l'impression qu'il les considérait comme des créatures pensantes et individuelles. Bon, du coup, Titian le charriait surtout. Il n'allait quand même pas montrer qu'il était ému.

Avec le temps, il avait relevé que Neil avait presque l'air de patrouiller. Il était plus sérieux aux abords de cette ville. Bon, ils ne feraient que la traverser. Mais il tenait à visiter le centre-ville par curiosité. Sinon, ça ne servait à rien de voyager, si c'était pour aligner les kilomètres de campagne jusqu'à leur objectif. Autant prendre l'avion, quoi ! Il disait ça avec une hostilité manifeste, non pas que les avions lui aient fait quelque chose, mais l'idée d'économiser de la route, à ses yeux, c'était un peu comme manger de la bouffe de cosmonaute : tu enlèves tout ce qui est intéressant dans l'expérience, et au final tu as l'impression qu'il ne s'est rien passé.

Il se tenait un peu sur le qui-vive lui-même, pour essayer de percevoir ce qui rendait Neil aussi prudent. Mais il ne remarquait rien. Quand Neil lui réclama de courir cependant, il ne fit ni une ni deux et passa en mode survie, comme s'il s'y était préparé depuis des jours lui aussi. Parfois il avait l'impression que leur inconscient communiquait sans les avertir, et que leur conscience était surprise ensuite par le résultat de ces conversations secrètes. En tout cas, avant de démarrer il avait jeté un ordre aux deux oiseaux qu'ils baladaient :

"Vole."

Déjà, va courir avec un faucon sur l'épaule. Et sur le moment, encore dans un état d'esprit à peu près calme, il ne voulait pas qu'ils soient exposés à un risque. Il allait peut-être juste tomber une grosse averse, il ne savait pas, mais il ne prendrait pas le temps de poser des questions. Tout à coup, après avoir pilé sans rien dire cette fois, Neil le stabilisa en fixant une joyeuse compagnie que Titian n'avait jamais vus. Il ne se souvenait pas non plus d'en avoir entendu parler. Il avait l'impression soudain que tous ses os brisés jadis lui faisaient mal à nouveau, une sorte d'avertissement. Il resta quelques secondes cramponné à Neil puis se redressa, ramena une mèche de cheveux derrière son oreille et pencha la tête sur le côté, curieux.

"...tu connais une Sofia qui leur a joué un sale tour, et ils veulent savoir où elle est ? C'est cette ex dont tu m'as parlé déjà ? Mais tu ne la vois plus. Et puis, tu ne dénoncerais pas une femme."

Enfin, ça, c'était plutôt une pensée de Titian. Il ne voulait pas spécialement que Neil dénonce une femme pour les tirer d'affaire, même si avec toutes les infos c'était peut-être le genre de femme qui le méritait totalement. Il ne voulait pas le savoir et il n'envisageait pas cette solution. Au fond, il n'était pas sûr que ce soit un réflexe chevaleresque, ou juste de la mesquinerie gratuite envers des gens qui ne savaient pas demander poliment. Ah, Neil était un traître ? Eh bien il allait se conduire plus noblement que la raison ne l'exigeait, et ils seraient bien emmerdés.

Il savait que ses oiseaux restaient au-dessus d'eux, à distance, mais qu'ils le voyaient et surtout qu'ils le surveillaient. Ils avaient bien mangé, ils ne seraient pas partis chasser pour un simple ordre de décollage, et puis ce n'était pas leur territoire ici, ils ne reconnaissaient rien et il pouvait y avoir des concurrents. Tiens, ce serait drôle que le fauconnier local les aperçoive de loin et vienne voir ce qui se tramait. Titian avait un petit sourire quand il leva la main, comme s'il s'apprêtait à bénir la foule. En réalité, il porta l'appeau à ses lèvres, et lança un sifflement aigu et modulé. Ses yeux avaient pris une coloration étrange.

Pendant une seconde il ne se passa rien, mais une sorte de tension s'empara de l'air ambiant ; quelque chose fondait sur eux, mais à moins d'avoir une bonne interprétation du mouvement d'une ombre, qui semblait statique mais grandissait rapidement, impossible de savoir ce qui se tramait.

Puis les oiseaux s'abattirent sur les deux bandits qui se tenaient face à eux. Il n'avait aucune idée de ce qu'ils allaient faire, c'était la première fois qu'il testait cet ordre dans ces conditions. Ils ne feraient peut-être rien... juste effrayer les bandits. Il avait cru remarquer que Neil se dirigeait vers un objectif précis, ce serait peut-être suffisant pour l'atteindre. Il lui reprit la main, prêt à l'entraîner en avant ; mais il restait quelqu'un derrière eux, qui risquait de les pointer en joue s'ils reprenaient leur course. Titian ne connaissait pas la mafia, malgré les grands airs qu'il prenait dans leur quartier : on oserait vraiment leur tirer dessus en pleine rue comme ça ?
Il repensa à Tara, et une sorte de tranquillité bizarre s'empara de lui, presque au point de le faire sourire.

Hisar avait aveuglé son adversaire en battant des ailes, mais l'homme l'avait repoussé d'un grand mouvement du bras et le petit oiseau n'avait pas réussi à reprendre l'avantage ; il avait récolté un coup de couteau et pris la fuite. Normal, en somme. Le véritable héros de la rencontre, c'était l'oiseau moins normal. Iskandar avait dessiné une jolie balafre à l'autre criminel en lui sautant à la figure avec tout l'enthousiasme d'une harpie anthropophage, dans un cri de guerre à glacer le sang. Titian lui-même avait eu un mouvement de recul, mais il restait sombrement fasciné.

L'homme avait lâché son arme et plaqué les mains sur la bête pour la repousser au maximum, terrifié par cet assaut inattendu. Le sang l'aveuglait peut-être, mais ce n'était pas un enfant de choeur et ils continuèrent à lutter ; face à face dans un ex aequo saisissant, ils criaient l'un sur l'autre avec la même haine, et Titian s'attendait presque à ce qu'Iskandar se change en une sorte de combattant semi-bestial, semi-humain, imprégné lui aussi de whisky et de codes sociaux obscurs, et tout à fait dans son élément dans cette ruelle sombre.

C'était peut-être parce qu'il ne comprenait rien à la situation, mais l'oiseau avait l'air de bien s'amuser. En tout cas il tenait le terrain. C'était le moment de filer avant que l'autre se ressaisisse. A ce moment, voyant la situation leur échapper – et possiblement, leurs cibles – la personne qui se tenait derrière eux fit une tentative pour les saisir. Titian ne comprit pas ce qu'il disait et lui lança un coup de coude au visage sans réfléchir. Il ne supportait pas l'idée de sentir le froid d'une lame sous sa peau, une terreur sourde avait pris possession de ses réflexes. Il fallait qu'on le lâche. Une prise s'empara de son bras et il sentit quelque chose craquer.

Si Neil savait où trouver de l'aide, il espérait juste qu'il était parti la chercher.

Les résultats du dé:
 

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Neil Ross
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MessageSujet: Re: The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross]   The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross] EmptyMer 21 Aoû - 7:49

Sur le moment, le sourire de Neil semble inapproprié pourtant il ne peut s'empêcher d'en sourire. Il ne dénoncerait pas une femme ? Bah, qui sait. Enfin, de toute manière, il n'y a pas à argumenter puisqu'il n'avait plus aucun contact avec elle. Alors, il se contente de hausser des épaules en disant d'un ton désinvolte. En effet, je ne la vois plus et ce depuis des années. La dernière fois que je l'ai vu, elle avait rendez-vous avec un homme... intéressant. Peut-être savez-vous qui est-ce ? Neil se montre légèrement condescendant envers eux sans le remarquer. En même temps, il sait qu'il est en train de remuer le couteau dans la plaie béante qu'elle avait laissé. Il est assez fouineur pour savoir ce qui se tramait quand il est parti.

Mais avant qu'ils ne puissent répondre, ils se focalisent sur Titian à ses côtés qui fait des gestes dont ils ne comprennent pas la signification. Une tension s'est emparée d'eux. Au sifflement du appeau, il profite pour chercher une ouverture.  Quand il sentit la main de Titian, il allait repartir en écartant les deux hommes tout en espérant que l'homme de derrière soit suffisamment surpris pour ne pas réagir à cette ouverture mortelle de leurs dos. Mais il reste sur place en sentant le mouvement de recul de Titian face à son animal.

Et Neil en est aussi fasciné et même qu'il en sourit amusé du spectacle. Le sang que Iskandar fait couler le fait frissonner presque de plaisir. Il voit actuellement autre chose à la place de ce spectacle... Quelque chose de plus grand encore. L'histoire qu'il lui avait raconté un jour sur l'origine de son nom alors qu'ils étaient sur le toit. Il avait à la base choisi ce nom pour lui car l'esprit héroïque qui porte ce nom avait un manteau rouge et c'est la couleur écarlate qui le caractérise. Ainsi, les ailes déployés, il croit la voir. Iskandar, roi et esprit héroïque, cavalier hors-pair, avait conquit nombres d'ennemis et de pays.  

Il sent les mouvements à ses côtés, le sortant de son imagination, pour voir le troisième individu tenir Titian. Bon, là, il peut considérer que l'attaque est nécessaire à la fuite. Il attrape son couteau et en profite qu'il soit occupé pour lui asséner un premier coup, espérant qu'un coup suffirait. La lame s'enfonce dans son flanc l'ouvrant suffisamment pour qu'il lâche Titian afin de maintenir la plaie. Neil pousse son ami vers la route dégagée. Allez cours ! Quand on arrive, au milieu de la rue, rappelle Isk. Il regarde derrière pour voir l'autre homme reprendre ses esprits après l'attaque de Hisar enfin prêt à aider son compagnon. Rappelle-le vite ! Quand il le fait, Neil se concentre sur la route ; soupirant intérieurement espérant que Isk a écouté et s'en soit sorti indemne. Il reste derrière lui dans la course lui indiquant le chemin à voix haute.

Il range rapidement le couteau ensanglanté. Il rattrape Titian afin qu'ils ralentissent. Ils arrivent dans une grande rue inondée de lumière et remplie de vie malgré la nuit. Il faut qu'on rentre à l'hôtel rapidement. Il regarde les noms de rues pour s'avancer car même dans une rue aussi éclairée, ils n'étaient pas forcément en sécurité. Comme il a changé d'itinéraire, il a opté pour une sécurité approximative. Mais surtout, il veut s'assurer que Titian et les moineaux n'avaient rien. Il s'approche encore de lui, soucieux. Tout en regardant aux alentours, ils peuvent se refaire attaquer à tous moments.    

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MessageSujet: Re: The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross]   The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross] EmptyVen 23 Aoû - 5:45

Le faucon rata son dernier coup de serre en s'envolant et reçut en retour une estafilade ; mais il s'envola dans les airs et, au lieu de suivre l'ordre de son maître, se détourna. Ce n'était pas de la confusion, comme l'aurait cru le fauconnier s'il avait assisté à la manoeuvre. Et les bandits se laissèrent prendre, suivant l'oiseau qui volait en droite ligne au dessus des ruelles, comme un étendard brillant au soleil, sous les exclamations des gens aux fenêtres qui le voyaient passer.

Titian ne comprenait plus rien à ce qui leur arrivait, ils étaient tout à coup au milieu d'une foule qui avait l'air de mener sa petite vie tout à fait normalement, il se sentait en danger et son coeur battait à toute allure mais le monde alentour évoluait dans un autre univers. Il avait envie d'attraper ces passants insouciants ou pressés par le col de leur vêtement, et de leur crier qu'il avait des gangsters juste à côté. Mais la voix de Neil le maintenait focalisé sur l'objectif. Oui, l'hôtel. Il balaya les airs du regard, à la recherche de ses oiseaux.

"Là, regarde !"

Il vit s'éloigner à l'horizon la silhouette d'Iskandar. Hisar, quand il avait peur, se posait sur un point élevé et ne bougeait plus jusqu'à ce que le calme revienne ; il lui faisait confiance pour avoir adopté cette stratégie sur un toit des environs. Un sourire de soulagement s'afficha sur son visage tendu et il suivit Neil en courant. Il parlait sans s'arrêter, envahi d'un nouveau sursaut d'énergie. Il avait conscience maintenant de ce que faisait Iskandar et ça l'impressionnait vraiment, il n'en revenait pas de le trouver soudain si doué. Il faut croire qu'il avait sa propre spécialité, et qu'elle ne se situait pas sur les planches.

"Je les sifflerai quand on sera en sécurité. Ils ne peuvent pas se perdre, ils sont bagués et ils s'approcheront bien de quelqu'un au bout d'un moment. Mais ils devraient entendre, à cette distance. Tu crois que les bandits peuvent reconnaître le son aussi ? Tu crois que les gens de l'hôtel peuvent les tenir à distance de nous ? On prévient la police, non ? Non, ils pourraient dire des choses contre toi ?"


Essoufflé, il ne se calma qu'en arrivant en vue de l'hôtel, et la douleur de son bras, cassé, foulé, luxé, il n'en savait rien, remonta d'un coup au moment où ils entrèrent dans le hall. Il avait envie de pleurer. C'est ce qu'il aurait fait si il avait été seul. Il s'était laissé bercer pendant des jours par l'idée que les problèmes étaient derrière eux, et ce retour soudain du stress et du danger l'avait atteint dans son moral vacillant comme un coup de poignard.

"Neil, j'ai peur. On s'en va bientôt ?"

Il se sentait légèrement pitoyable, et ça n'avait aucune importance. Neil avait l'air de savoir très bien quoi faire. Il n'y avait qu'à se laisser emporter et suivre ses instructions... n'est-ce pas ? Son regard suppliant chercha celui de son ami, pour en avoir la confirmation.

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MessageSujet: Re: The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross]   The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross] EmptyVen 23 Aoû - 7:23

Quelques silhouettes sont suspectes dans la foule. Neil laisse Titian parler en regardant aux alentours. Il sait qu'ils n'allaient pas créer de grabuge dans cette foule où la police sera plus rapide à intervenir que dans des ruelles désertes ou peu peuplées. Il lève le nez vers le ciel pour voir Iskandar voler et qui semble aller bien. Il soupire de soulagement encore une fois en murmure la guerre du saint graal est loin d'être finie en riant.

Ne t'en fais pas, ils ne le reconnaîtront pas. Simplement parce que ce ne sont pas les mêmes et l'entendre une fois ne signifie rien, je pense. Deux sont blessés, le troisième doit les amener les soigner et prévenir son groupe. Il ne feront aussi rien à l'hôtel, trop proche de la population, trop proche du centre ville, trop proche d'un poste de police. La police poserait trop de questions. Mais en quittant la ville, on peut passer un appel anonyme pour signaler l'attaque. Cependant je n'en vois pas l'utilité. Parce qu'il n'y a aucune victime. Neil garde un oeil sur son ami en marchant nonchalant. Aucun des deux côtés ne vont à l'hôpital.

Juste avant d'entrer dans l'hôtel, Neil entraîne Titian dans un magasin. Il fait rapidement des courses, paie et revient vers l'hôtel. Une fois, dans l'ascenseur, Neil s'approche de Titian et lui caresse les cheveux glissant ses doigts sur eux. Je suis désolé. On n'aurait pas dû s'arrêter ici et j'aurai dû te dire que j'y avais vécu. Tout va bien maintenant, d'accord. Il n'aime vraiment pas voir Ti dans cet état. Je ne peux te le promettre mais je ferai de mon mieux.

Il se tait jusqu'à la chambre et le fait entrer pour l'amener s'asseoir sur le lit. Maintenant, il laisse toute son inquiétude l'envahir depuis qu'il avait entendu ce bruit. Il ne cherche pas à retirer son haut mais voit directement ce qu'il a. Il y prête une attention particulière. Il soupire et touche son épaule pour déterminer de quel type est-ce. D'après le mouvement et le résultat, il dirait postérieur. Si tu veux qu'on s'en aille bientôt, il faudra que j'arrange cela moi-même. Ça risque de faire mal. Il prend un oreiller et le donne à Titian. Mords dedans. Quand on sortira de la ville, on ira voir un médecin dans les alentours. Il t'examinera mieux. Tout en parlant, il fait le geste rapide pour remettre son articulation en place. Je pense que demain, on ira. Il retire le haut de Titian lentement et fouille dans ses achats une crème apaisante et relaxante pharmaceutique. Il masse doucement son épaule en le regardant.

Ensuite, il lui bande l'épaule et vient l'embrasser sur le front. Tout cela est arrivé par ma faute. Il faut que tu partes rapidement afin que tu ne retombes pas dans une autre embuscade. Ils vont sûrement repérer l'hôtel demain et ensuite suivre nos faits et gestes pour trouver le bon moment. Donc il faut que tu partes avec les moineaux. Il se redresse et va se nettoyer les mains avant de se rappeler du couteau. Il le sort et le nettoie aussi. Heureusement, il y avait peu de sang.

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MessageSujet: Re: The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross]   The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross] EmptyLun 26 Aoû - 12:07

Sans trop comprendre ce qu'on lui disait, Titian se laissa entraîner au magasin, puis à l'étage. Il réfléchissait vaguement que des pare-soleil seraient pas mal, pour rendre l'arrière de la voiture un peu moins facile à espionner. Lui, il pouvait conduire en se déguisant assez, il était vite méconnaissable. Il suffisait de planquer ses signes particuliers les plus évidents, c'était généralement là dessus que l'esprit se focalisait. Tout à coup, il revint dans le présent. La remise en place d'une épaule déboîtée fait généralement cet effet-là. Il donna un bon coup de dents à l'oreiller, puis le jeta et jura deux ou trois fois en se tenant le bras, les yeux plissés ; le craquement lui résonnait encore aux oreilles. Mais bon, c'est vrai que ça allait mieux ainsi.

Dès qu'il se sentit mieux, il donna un coup de sifflet à la fenêtre, et il était à peine soigné que ses deux oiseaux de proie faisaient à nouveau leur apparition, fidèles au poste.

Neil était d'une gentillesse infernale. On n'aurait pas dit qu'ils fuyaient la mafia, plutôt qu'ils profitaient d'un petit voyage de noces. A chaque passage près de lui, il avait un geste d'affection. C'était apaisant et ça donnait envie de sourire, mais il y avait quelque chose qui ne faisait pas du tout cet effet là : les mots qu'il employait. Il décrivait les actions à exécuter comme si elles réclamaient une séparation de leurs deux trajectoires. Jusque là, il avait bénéficié d'une confiance aveugle, mais si il commençait à partir sur ce terrain là, ce ne serait plus la même histoire.

"Ne parle pas comme ça," rit Titian nerveusement en se massant l'épaule avec prudence. "On dirait que tu veux me faire partir seul."

Il ne se sentait plus bon à rien, seul. Il ne tenait plus debout. Les mots ne lui venaient plus. Ce n'était pas naturel d'avoir des ennemis, il ne se rendait pas à l'évidence, et quand ses oiseaux apparurent pour venir se percher sur le rebord de la fenêtre, tout ébourrifés et tachés de sang, les yeux hors de la tête comme des harpies ivres et le bec ouvert, il eut un moment de vertige total.

"Je te préviens, si tu me laisses tout seul, je tombe dans les pommes. Il ne faudrait pas grand-chose pour ça."

En examinant Hisar, il se rendit compte que le petit oiseau n'était pas blessé sérieusement, surtout terrifié. Il n'avait qu'une envie, se cacher dans sa cage de transport et laisser la tension redescendre. Comme il le comprenait ! Iskandar, en revanche, avait reçu un coup de couteau. Il arrivait à voler, cependant, donc ça ne pouvait pas être si grave. Mais il perdait du sang et on ne pouvait pas lui demander d'efforts dans les temps qui venaient. Aussi, le sang qui le couvrait était en partie humain. Cette pensée était spécialement dérangeante. Une sorte de secousse intérieure qui prenait la forme de la phrase : "Je ne veux pas qu'on le tue." Titian eut un frisson glacé en le pansant rapidement avec les moyens du bord, et en couvrant le pansement de son petit costume. L'oiseau se laissait faire avec un calme olympien. Cet imbécile avait l'air tout à fait content de sa journée.

"C'est bon, ils tiendront le coup. On peut plier bagage. Tu sais ce qui me ferait du bien ? Réfléchir à un nouveau tatouage, si je trouve un bout de peau libre."

C'était un projet anodin et superficiel, en situation de danger de mort, et en même temps ça ne l'était pas. Faire toujours ses tatouages chez la même personne, c'était une histoire d'amour ; il parlait de tourner une page et c'était peut-être un peu tôt, mais c'est vrai que ça aurait pu lui causer une sorte de choc salutaire. Et réfléchir, ça ne faisait de mal à personne.

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MessageSujet: Re: The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross]   The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross] EmptyMar 27 Aoû - 2:51

Neil termine de se nettoyer en regardant les moineaux sur le bord de la fenêtre. Il n'avait pas compris qu'il parlait ainsi. Peut être un réflexe de son ancienne vie. Il caresse Hisar d'une douce caresse avant de retrouver Iskandar où il le regardait avec fierté. Il serait presque tenté de lui faire une révérence tant il lui avait rappelé son histoire. Mais il se contente d'une caresse aussi.

Je suis désolé, c'est un réflexe de parler ainsi. Mais je ne compte pas te laisser seul. Je t'ai dis qu'on irait voir un médecin ensemble.
Neil commence à ranger les affaires et rares souvenirs pris sur place afin de les places dans les bagages rapidement. Réfléchis à un nouveau tatouage, si tu le souhaites. Je ne peux pas t'empêcher de penser à ce que tu veux, tu sais. Neil hausse des épaules et boucle les valises. Il commence à les porter pour sortir de la chambre.

Il faut agir vite, voilà ce qu'il se passe dans son esprit. Il le laisse s'occuper des oiseaux avant de prendre l'ascenseur. Actuellement, l'aspect esthétique ou thérapeutique d'un tatouage lui était complètement égal. Quand il sort de l'hôtel, il observe certaines personnes qui s'étaient installées nonchalamment  aux alentours. Il serre la mâchoire et se rend au parking avec appréhension. Il ouvre le coffre de la voiture et y dépose les bagages en regardant toujours autour de lui. Il fait monter Titian avant de faire de même et commencer à conduire. Durant le trajet dans la ville, Neil fit attention à ne pas prendre de route contraire, de cul de sac et de rues étroites.

Une fois, sorti de la ville, Neil continue de conduire pendant un long moment, environ une heure avant de s'arrêter. Il sort son téléphone et regarde le trajet pour se rendre chez un médecin dans la ville la plus proche. Il sort alors de la grande route pour entrer dans les petites. Il avait le choix. A un pile ou face, c'est la ville de Tullamore qui remporte. Il se dirige avec vers cette ville. Maintenant, il ne savait pas trop si il devait aller à l'hôpital ou chez un médecin généraliste. Parce qu'en général, c'est selon la préférence et la gravité. De toute manière, les urgences à l'hôpital mettaient toujours des plombs à soigner. C'est un coup à ce qu'ils soient encore là dans la nuit.

En parlant de nuit, il ne pouvait rien faire malgré tout. Il faut attendre qu'un médecin aussi. Il regarde un petit emplacement tranquille le plus proche d'un médecin pour attendre. Il y a le médecin et le centre hospitalier côte à côte. Quelle belle affaire cette ville ! Neil se gare et montre les rues à Titian. Là, sur Arden Road, tu as un médecin et un hôpital. Je te laisse choisir où tu souhaites aller. Je t'attends ici. Promis, je ne pars pas. A moins que tu ne préfères que je ne t'accompagnes ?

→ Dé de fuite : 75/100

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MessageSujet: Re: The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross]   The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross] EmptyMar 27 Aoû - 11:10

Neil l'avait enfin amené à un endroit paumé où ils pouvaient se relaxer un peu, et Titian décrocha sa ceinture de sécurité, ferma les yeux et respira, avant d'examiner les environs. Mais sa réponse était déjà toute prête. Son esprit tout entier s'était hérissé à l'idée d'entrer aux urgences.

"J'aime mieux le médecin. C'est plus privé, plus discret. Moins de gens qui nous voient passer. Et vraiment, je peux attendre, un peu de calme et d'immobilité ça fait du bien."

Il hésita à le laisser dans la voiture avec les moineaux, mais il préférait étouffer tout risque de panique en le gardant sous ses yeux. S'il avait pu, il aurait apporté les cages et les valises mais la salle d'attente n'était pas faite pour ça. Il se mordit l'ongle du pouce en plongeant son regard dans la rue vide, puis desserra les dents : il était en train de se faire mal. Ça allait comme ça, merci.

"Et tu viendras avec moi. Je..."

Il balaya sa pensée d'un geste de la main. Neil savait très bien qu'il préférait l'avoir à côté de lui, il n'aurait même pas dû poser la question. C'était un gars étrange, décalé, mais au moment du combat tout avait semblé plus exaltant et Titian se demandait bien pourquoi ; il avait dû capter quelque chose d'immatériel, une communication silencieuse entre leurs âmes à la vue du sang. En tout cas, maintenant que tout était calmé, Neil n'avait pas l'air impressionné par ce qui venait de se passer. C'était presque comme si il s'y attendait.

"On n'aurait pas dû s'en sortir aussi bien. C'est absurde. On n'est pas des – des combattants."

Il parlait surtout de lui-même et de ses oiseaux, enfin, dans le cas ça pouvait s'expliquer par une histoire d'instinct et dans le sien aussi, si on allait vraiment creuser aux tréfonds animaux de la nature humaine. Il glissa contre l'épaule de Neil et y appuya sa tête. Il aurait bien aimé tomber dans les pommes en fait, ça aurait pu être reposant. Et plus logique que d'envoyer ses oiseaux contre des inconnus rencontrés dans la rue. Bon, plus grand-chose n'était logique ici, la magie du tourisme, sans doute.

"Toi, comment ça va ?"

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MessageSujet: Re: The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross]   The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross] EmptyMer 28 Aoû - 4:20

Neil coupe le contact et enlève sa ceinture aussi. Va pour le médecin alors. Il ferme un peu les yeux en s'appuyant contre le dossier de son siège. Il sourit quand il entend que Titian veut qu'il l'accompagne. Il avoue, il voulait la confirmation même si il se doutait fortement de la réponse. Il ne savait pas trop si c'était pour être rassuré, ne pas être seul ou le surveiller que Ti le voulait. Lui-même n'est plus sûr de rien actuellement. Il faut qu'il se pose plus tranquillement.

Un sourire fin flotte sur ses lèvres. L'esprit de Neil est en réflexion tournant encore et encore les mêmes questions, les mêmes excuses qu'il souhaite dire. Il ne sait pas trop si la branche de Dublin à des ramifications avec les villes alentours ou si ce n'est que celle de Dublin comme des loups. Mais il n'en avait jamais entendu parler quand Sofia y était. D'après ce qu'il a compris, il n'était basé que sur la grande ville. Comme les rats, ils restent où il y a de quoi se nourrir et pour cela, Dublin est idéale comme toute capitale. Enfin bon, il ferme les yeux et détache ses mains du volant n'ayant pas remarqué qu'il les avait laissé en place.

Posant ses mains sur ses cuisses, Titian avait raison. Ils n'auraient pas dû s'en sortir aussi bien. Certes, ils ne sont pas des combattants pourtant ils s'en étaient sorti incroyablement bien. Neil a deux théories. La première est que les mecs de la mafia se sont ramollis dans leurs vieux os ou que les jeunes étaient trop fainéants. Trop engraissés par leurs mauvaises réputations, ils ne font plus d'efforts ? Quand on y réfléchit bien, c'est vraiment la deuxième fois qu'il est mêlé à la destruction d'une branche de la mafia. Il doit être un bon détecteur des menteurs et espions dans ce genre d'organisation. Enfin bon, il soupire doucement en sentant la tête de Titian sur son épaule. Cela le coupe de ses réflexions et en même temps le ramène au présent.

Il incline la tête pour poser la sienne sur celle de Titian en souriant. Il aime la présence de Ti. Oui, c'est absurde mais il ne faut pas dénigrer l'instinct de survie qu'on peut avoir quand on est en danger. Il peut donner parfois des aptitudes que nous ne nous connaissons pas, juste pour rester en vie. Son regard est perdu sur arden road admirant la montée du soleil lentement dans le ciel.

Comment il va ? Neil réfléchit. Il ne sait pas trop. Il aurait pu répondre que ça allait machinalement mais Titian ne mérite pas cela. Pas après tout ce qu'ils avaient réussi à abaisser comme barrière entre eux. Ce n'est pas trop ça. Je crois que je suis un peu étourdi par la scène. Ma réflexion ne vole pas très haut. Il rit doucement essayant de détendre l'atmosphère. Je reprends peu à peu le contrôle de mes gestes. J'étais en mode automatique. Je suis encore désolé pour tout cela et pour t'avoir fait penser que j'allais te laisser. Il vient attraper sa main pour la serrer dans la sienne doucement avant de la relâcher lentement comme pour lui dire qu'il est là et qu'il restera.

Tu me dis si tu as mal à l'épaule. Je ferais ce que tu voudras pour t'aider du mieux que je puisse. Après tout, on est tombé dans une toile d'araignée, certes pas très efficace... Ce que Neil redoute c'est de peut être en recroiser par-ci par-là des araignées qui veulent les manger. Cependant, ça serait incroyable, surtout s'ils ne sont qu'à Dublin. Tu sais, je m'en excuse encore. C'est à cause de moi si on est arrivé dans ce piège, j'aurai dû te dire qu'on ne s'arrête pas dans cette ville. J'étais peut être un peu trop sûr de moi et je t'ai blessé. Je suis vraiment désolé. Il pense que c'est ce qu'il lui fait le plus de mal actuellement. C'est d'avoir blessé Titian. Il ne comprend pas trop pourquoi. Il n'avait jamais pensé ainsi de personne et ne s'était jamais excusé d'avoir plongé des gens dans la tourmente.

Bah n'y pensant plus, il vaut mieux qu'il arrive à se détendre. Il frotte sa joue sur la tête de Titian. Hey, tu sais quoi ! Je suis fier de toi. Tu as été extraordinaire. Bien sûr les moineaux aussi, je leurs offrirai des doubles rations pour un mois ! Enfin, si tu m'y autorises bien sûr. Pas comme si il prenait quand même ses aises seul sur le toit avec eux. Un sourire apparaît à cette pensée puis se rappelle pourquoi il restait plus souvent avec les moineaux sur le toit... Son sourire s'affaisse un peu et Neil bouge un peu venant prendre Titian dans ses bras pour qu'il soit un peu plus confortable. Tu aimerais qu'on s'arrête dans un camping alentours ?

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Titian Murony
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MessageSujet: Re: The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross]   The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross] EmptyVen 30 Aoû - 5:04

La voix de Neil lui faisait du bien, même si par moments il avait l'air tout triste. C'était toujours mieux que de lui voir ouvrir la gorge d'un coup de couteau par des abrutis à la recherche d'une traîtresse, non ? Les yeux fermés, Titian l'écoutait en se serrant contre lui, et à chaque tentative pour s'excuser, il passait la main sur lui dans une caresse machinale, un signe d'affection silencieux. Enfin, il sourit largement et se redressa un peu pour le regarder. Il se retrouva nez à nez avec Neil et eut envie de lui donner un baiser sur la joue, ce qu'il fit, avant de se caler à nouveau confortablement.

"Tu dois être fier de nous, tu n'as pas le choix : tu es notre famille d'adulte. Mais merci. C'est ça que je vais écrire, "extraordinaire". Tu sais que je n'ai pas de tatouages sur le dos ? Là j'aurai toute la place. Pour l'illustration, je ne sais pas encore."

Il montra vaguement son visage, mais Neil savait comment était fait le reste de son corps ; une phrase, un dessin, une phrase, un dessin. Ils n'allaient pas forcément très bien ensemble, du point de vue du commun des mortels. Mais lui se rappelait chaque choix aléatoire et chaque humeur qu'il avait ressentie en faisant ce choix. C'était un témoignage surréaliste de quelque chose qu'il avait vraiment vécu.

Il remonta sa main sur l'épaule de Neil et la sentit en effet un peu trop tendue. Le pauvre était encore en mode défensif. Ça ne devait pas être agréable. Les doigts de Titian exercèrent une légère pression qui décrivit une spirale, machinalement, puis il s'arrêta. Il repensait à d'autres soirées.

"Si on était sur ta banquette, je pourrais te masser. Oui, arrêtons-nous quelque part, un camping ou un hôtel, et faisons ça."

Un hôtel qui accepte les animaux comme les leurs, ça ne courait pas les rues d'Irlande, il fallait être réaliste. Mais un camping, lui qui aimait tellement ça d'habitude, ça semblait terriblement isolé et exposé. Dans sa tête, Titian venait d'enregistrer que l'hôtel avait été leur refuge. Une sorte d'adéquation logique se faisait maintenant entre l'établissement et la sécurité qu'il y avait éprouvée. Il s'en voulait d'une telle superstition mais il la laissait aller, sans chercher à la maîtriser par des raisonnements par A+ B. Il se regardait penser, et il s'étonnait d'être aussi enfantin, mais il ne se réclamait pas de grandir. Tout à coup, il se mit à rire doucement ; s'ils avaient été dans un rêve, il savait exactement ce qu'il aurait fallu faire.

"Cette Sofia, si on la voyait en ville, ils la suivraient elle, et ils ne s'occuperaient plus de nous. Puisque j'ai tellement l'air d'une femme, à ce qu'il paraît, tu devrais me déguiser en elle, un petit tour et puis s'en vont, comme les marionnettes."

Il ne pouvait plus s'arrêter de rire. Il se redressa pour ne pas secouer son camarade avec lui et se frotta les yeux, qui se remplissaient de larmes. C'était trop comique. Ces vieilles à Inslay... Et elles avaient eu le culot de critiquer son style. Lui qui s'était justement fait si beau pour l'occasion. Le style "cadavre du Titanic rejeté par la mer". Et puis, ils étaient sauvés.

"Tu ne nous as pas blessés, tu nous as sauvés, idiot. Ne confonds pas tout."

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MessageSujet: Re: The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross]   The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross] EmptySam 31 Aoû - 5:32

Les petits gestes que Ti lui accorde le rassurent doucement mais pas assez pour qu'il se sente détendu. Il cligne des yeux face à Titian quand il se releva leur offrant un face à face surprise. Mais il sourit au baiser sur sa joue restant sagement contre son siège.

On ... Tu trouveras, j'en suis sûr. Neil sentit la pression sur son épaule avant qu'elle ne s'arrête. Il ne dit rien regardant les oiseaux voler de bâtiments en bâtiments, les premiers passants à affronter les lueurs matinales. La banquette. Neil a quelques flashs de leurs activités sur celle-ci. Devant la télé, avec un repas, en discussion et Titian, les bras autour de lui. Neil cligne des yeux au dernier flash en se disant que ça devait quand ils se réconfortaient ou un truc du genre. Ils en avaient maintenant l'habitude de ce genre de légers gestes entre eux pour se rassurer, se soutenir ou se réconforter. Je ne dirais pas non à un massage en effet. Mais avant quoique se soit, on va voir le médecin pour ton épaule.

Neil l'observe en coin rire de sa propre blague alors qu'il se relève. Il esquisse un sourire. Il faudrait que tu laisses tes cheveux en brun et que tu adoptes une attitude féline supérieure comme pour dire que tu ne te laisseras pas marcher sur les pieds alors qu'au fond tu n'es qu'une petite chose apeurée qui cherche à se défaire de liens qui t'empoisonnent. En tout cas, c'est la seule image que je garde d'elle. Et puis cela veut dire qu'on doit se séparer. Donc tu me dis de ne pas te laisser seul pour que tu sois le premier à me quitter. Neil lui envoie un sourire amusé.

Il était un peu plus léger quand Titian lui a dit qu'il les avait sauvés alors qu'il n'avait rien fait en vrai. Il lui prend le visage entre les mains en se tournant vers lui. Il l'observe voyant les ravages des derniers jours, peut être même des dernières semaines. Il lui caresse une fois la joue du pouce avant de lui embrasser le front en un baiser très léger. Il le relâche et se détourne pour sortir de la voiture. Allons voir ce fameux médecin puis trouvons nous un petit hôtel pour se reposer un peu. Il referme la portière puis regarde le numéro de rue sur son téléphone avant de s'y rendre.

Il ouvre la porte du bâtiment à Titian et le laisse pénétrer avant de le suivre. Ils patientent dans la salle d'attente alors que Neil se rappelle en regardant les magazines le résultat  d'un test féminin fait chez la sexologue. Neil lâche un petit rire amusé. Une séance assez mitigée. Après le médecin, pendant lequel Neil en a profité pour regarder un hôtel qui accepte les animaux mais il n'avait trouvé qu'une petite auberge en périphérie de la ville en pleine campagne irlandaise. Sur le chemin jusqu'à la voiture, Neil montre l'auberge à Titian. Tu en penses quoi ? On y va ?  

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MessageSujet: Re: The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross]   The wind that shakes the barley [w/ Neil Ross] EmptyMar 3 Sep - 5:35

"Tu as raison, si ça implique de partir chacun de son côté, on ne va pas le faire. Et puis, les cheveux en brun..."

Titian ne savait pas pourquoi il ne les laissait pas reprendre leur couleur naturelle, il aurait parlé d'habitude prise et de relaxation nécessaire quand il se les teignait à nouveau, mais il y avait autre chose. Bon, ils avaient assez à faire pour ne pas y penser. Il se rendit au cabinet du médecin dès que la porte en fut ouverte et expliqua, sans entrer dans les détails, qu'il avait fait un faux mouvement avec son épaule et s'était fait mal ; quelqu'un l'avait aidé à remettre les choses en place, en effectuant une sorte de torsion à laquelle il n'avait rien compris ; sur le moment il avait eu encore plus mal, mais maintenant ça pouvait aller. Enfin, il voulait savoir si on pouvait l'examiner et s'assurer que ça ne le gênerait plus.

Il bavarda beaucoup de ses intentions dans la région, en laissant complètement de côté sa destination exacte. Bon courage à leurs poursuivants si ils arrivaient jusqu'à ce brave médecin. Ils se retrouveraient avec toutes les fêtes médiévales locales à visiter, et il y en avait un paquet avant qu'arrive la date de leur vraie représentation. Des petits rassemblements de villages auxquels ils ne participeraient pas. Eux, ils seraient sur les routes, dans le centre du pays. Il avait hâte de voir des moutons, tiens !

Il rassura Neil en sortant du rendez-vous : tout allait bien, il pourrait travailler. Il fallait juste éviter de refaire ce faux mouvement en question – et il y comptait bien, sincèrement. Pas de radio nécessaire a priori, sauf si une gêne persistait dans les jours suivants, et bien sûr si le bras se bloquait à nouveau. Il fut encore un peu anxieux tandis qu'ils roulaient, surveillant les véhicules qui avaient l'air de les suivre, mais arrivé à l'hôtel il se sentait bien à nouveau, délivré de cette nuit étrange qui lui apparaissait de plus en plus comme un cauchemar. Il avait quand même hâte de sortir ses oiseaux et de les examiner à nouveau sous toutes les coutures.

Après seulement, quand il les eut à nouveau perchés dans leur cage – ils avaient négocié le droit de les avoir près d'eux, mais seulement en cage, pour des raisons évidentes – il commença à rire et à plaisanter.

"Encore une auberge de campagne. Je m'attendais presque à voir les petits bateaux en bois vernis sur les murs comme à Islay. Faudra qu'on y retourne, c'était trop marrant."

Sauf quand ça ne l'était pas,, inutile de le préciser. Il alla ouvrir au service de chambre qui leur montait un petit déjeuner complet, réclamé à l'accueil au passage ; et il posa le plateau sur le lit.

"Allez, une bonne douche chaude et on se relaxe devant un film de..." Il alluma la télé. "Gangsters." Sérieusement ? Si tôt dans la journée ? Ils étaient enragés dans ce pays ! Mais il reconnut la chanson et sourit largement, c'était celle qu'il avait entendu dans Traum, pas question de zapper alors. C'était un signe. En fredonnant sur l'air, il commença à sortir de la valise ses affaires propres pour plus tard. Il avait envie de s'habiller tout en blanc. Ça mettrait du soleil dans cette journée, si les nuages ne s'y décidaient pas. Il traversa la pièce en se déhanchant comiquement pour se rendre à la salle de bain :

"J'y suis là ? Attitude féline supérieure ?"

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